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Cela fait de nombreuses années que le sujet du « vintage rubber »
m’intéresse, et par extension également l’origine du fétichisme et
du BDSM en général. Certes, le fétichisme des matières n’est pas un
phénomène récent, puisqu’il y a eu de longue date des personnes
branchées par les dessous, les chaussures, les bottes, les corsets
ou le cuir. Le fétichisme du latex est lui bien plus récent, puisque
le caoutchouc n’a été exploité qu’à partir du XIXe siècle.
Sur internet ou dans des livres sur
des formes alternatives d’érotisme, on trouve de nombreuses traces
sur des pratiques SM et même des photos remontant jusqu’en 1870,
mais toujours sur des pratiques comme la flagellation ou la fessée.
Des témoignages fétichistes (latex , cuir) n’apparaissent qu’au XXe
siècle, en particulier la scène française des années 20 et 30 (Biederer,
Ostra, Richard) ou la scène américaine des années 50 (Willie, Klaw,
Burtman). Mais qu’en est-il de documents vintage, vraiment vintage ?
A force de persévérance, j’ai effectivement réussi à mettre la main
sur quelques images et témoignages « rubber » datant d’avant 1920.
Pour cet article, l’objectif est de
remonter le plus loin possible en arrière dans l’histoire moderne du
caoutchouc. Et la case départ peut être très exactement localisée.
C’est Thomas Hancock qui a créé à Manchester la toute première
entreprise du caoutchouc en Angleterre en 1820. Suivi rapidement par
de nombreux autres chercheurs, dont Macintosh. Les Etats-Unis
constituent le second berceau dans l’industrie du caoutchouc, avec
notamment la région de Boston qui a connu de nombreux chercheurs,
dont Goodyear est le plus connu. Mais ce n’est pas lui qui a créé la
première société, car l’homme n’avait pas un sou (et n’en a jamais
eu, malgré ses nombreuses inventions). La première entreprise
américaine est la ROXBURY INDIA RUBBER COMPANY créée en 1828.
Dès les débuts, l’industrie du
caoutchouc mise sur les chaussures, les bottes, les imperméables,
mais propose également toute une gamme de produits très divers. Ce n’est
qu’après l’invention de la vulcanisation en 1843 que la véritable
révolution élastique commence. Au XIXe siècle, les produits sont
encore peu prisés des particuliers (réticence au nouveau,
rareté, prix élevé) et ce sont surtout les professionnels et l’armée
qui s’équipent en manteaux, tuyaux d’arrosage, canots, bouées…
Pas encore de connotation érotique
dans tout ça, mais pour faire des « rubberists », déjà faut-il qu'il
existe des articles en caoutchouc ! Voici donc un panorama des
premières années. |