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L’Angleterre
a eu son Macintosh, l’Allemagne son Klepper et tous deux ont suscité
un vif engouement dans la population. Les imperméables caoutchoutés
et les cirés ont pratiquement disparu de nos rues depuis les années
70, mais ces deux marques ont continué à rester gravées dans les
mémoires, et peut-être plus que jamais, trouvé une place culte dans
la scène fétichiste.
Bien moins connu et presque oublié
est cependant le fait que les impers « shiny » étaient aussi très
populaires en France entre 1930 et 1960. Ainsi, les deux marques
citées, ont été largement vendues dans l’Hexagone dans les années 30
avant que certaines sociétés comme Turover ou CCC ne prennent le
relai avec un train de retard après la seconde guerre mondiale.
CCC (Comptoir Commercial du
Caoutchouc) est en fait une société belge, qui a tout d’abord acquis
une bonne réputation dans son pays natal dans les années 1920 avant
de s’installer également à Paris et de développer la vente par
correspondance. D’abord un généraliste du
caoutchouc avec une large gamme de bottes, bonnets de bain, chaussures et autres
articles, CCC devient dans les années 50 un spécialiste des
impers.
Quand
on parle caoutchouc, la Belgique n'est certes pas le premier pays
qui vient à l'esprit. Et pourtant, dans la mouvance générale au
début du XXe siècle, ce pays a développé cette activité industrielle
avec entrain. Le facteur initial est la poussée colonialiste à la
fin du XIXe siècle. Alors que la France et le Royaume-Uni se sont
déjà taillés de larges territoires d'expansion en Afrique, la
Belgique se lance également dans la conquête et occupe une zone qui
sera plus-tard appelée Congo belge. Les produits agricoles
présentent un intérêt important et en particulier le caoutchouc. Ce
dernier provient de plantes de la famille des ficus et du
caoutchouc-liane. Ces matières premières ont certes une qualité
inférieure à celle du caoutchouc tiré de l'hévéa
sud-américain, mais la filière coloniale a l'avantage de garantir
une certaine autonomie pour le pays. Ainsi la matière première
arrive d'Afrique par bateau en Belgique, ou se créent dans les ports
des structures de négoce, d'où le nom (aujourd'hui un peu désuet) de
comptoir commercial.
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