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En 1850 l’homme d’affaires américain
Hiram Hutchinson est à la recherche d’une opportunité
d’investissement. Un beau jour, il rencontre Charles Goodyear,
inventeur de renom très impliqué dans le développement de
l’industrie du caoutchouc, mais pas vraiment un habile commerçant et
d’ailleurs sans un sou. Les deux hommes s’entendent toutefois sur le
plan industriel et Hutchinson reconnait le formidable potentiel de
développement de cette nouvelle branche.
A l’époque la situation est
relativement simple : le Royaume-Uni et les Etats Unis sont des
précurseurs avec déjà de nombreuses manufactures qui tentent leur
chance. L’Europe continentale est toutefois pratiquement terre
vierge.
C’est ainsi que Hiram Hutchinson
débarque en France. Après de longs mois de discussions et de
recherches, il décide de jouer le tout pour le tout et d’installer
une usine de fabrication de produits en caoutchouc, se basant sur
des processus de fabrication et des brevets acquis auprès de
Goodyear. Il rachète l’ancienne manufacture de la Papeterie Royale
de Langlée (près de Montargis) et commence à transformer le bâtiment
en faisant venir des machines des USA, ainsi qu’une solide équipe
d’ouvriers américains qui formeront peu à peu la main d’œuvre
locale. L’usine ouvre ses portes en 1853 sous le nom de Compagnie
du Caoutchouc Souple, avec pour priorités la fabrication de
bottes en caoutchouc et de petites pièces industrielles comme des
tuyaux, des joints ou des courroies. Afin de donner une image plus
marquante aux bottes, la société crée peu après la marque
Compagnie à l’Aigle, qui deviendra au fils des ans la branche
vêtements de la firme. Ce nom peut à priori paraître mystérieux. En
fait il n’en est rien : ce n’est qu’une révérence à l’origine
américaine du fondateur, l’aigle étant l’emblème national des Etats
Unis.
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