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John Sutcliffe: les années Atomage
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Est-il besoin de présenter John
Sutcliffe? Contrairement à certains potins, il n’est pas le premier
fétichiste connu et reconnu, et son magazine Atomage n’est pas non
plus le premier magazine « rubber » à avoir été publié. Néanmoins
l’homme a contribué dans les années 60 et 70 à faire émerger la
scène fétichiste anglaise de l’anonymat et son travail a en fait
révolutionné et influencé toute la scène européenne, voire
mondiale.
John Sutcliffe était à l’origine
ingénieur, spécialisé dans les moteurs d’avions. Après la seconde
guerre mondiale, l’aviation militaire mais aussi civile peinent à se
relever et John trouve difficilement du travail. Il vit de petits
boulots, par exemple comme chauffeur de taxi. Il commence aussi à se
passionner pour la photo, et offre occasionnellement ses services
pour fixer en images un anniversaire ou un mariage. Sutcliffe a
toutefois encore au moins deux passions qui le dévorent et
l’animent: la moto et le cuir. C’est donc tout naturellement que la
moto le conduit à s’acheter quelques belles combis en cuir et à
chercher des contacts dans la scène. D’après la légende, une amie -
branchée moto elle-aussi - dévoile à John sa déception de ne jamais
trouver dans le commerce de combis en cuir bien seyantes, adaptées à
la physionomie d’une femme. Partant de là, les deux décident de
fabriquer eux-mêmes une tenue (en cuir rouge), John empruntant pour
l’occasion une machine à coudre auprès de sa logeuse. La combi en
question est réussie, très au goût de la nouvelle propriétaire et
bientôt les amis des amis des amis frappent à la porte de John, lui
demandant de leur faire des combis.
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Sutcliffe décide donc de se lancer
dans cette nouvelle aventure, il s’informe à droite et à gauche pour
apprendre les rudiments de couture et comprendre les bases du design
et de la confection de patrons et en 1957 fonde à Hampsted son
propre atelier du nom d’Atomage. L’affaire discrète est à l’origine
spécialisée dans la confection sur mesure de tenues en cuir, pour la
moto ou pour la ville. Elle éclate au grand jour au début des années
60 lorsque l’équipe de production de la série TV « The Avengers »
(Chapeau melon et bottes de cuir) frappe à sa porte. La série a en
effet la particularité de porter une grande attention aux tenues
vestimentaires de l’actrice principale (d’abord Honor Blackman, puis
Diana Rigg) en cherchant toujours des costumes extraordinaires,
parfois bon chic bon genre, parfois au top de la mode (Chanel et Dior
ont fourni certaines pièces), mais aussi parfois très cuir. John Sutcliffe n’a pas été le seul fournisseur pour ces tenues, mais ses
combis intégrales moulantes et sexy ont été très admirées. Du coup
les clients privés affluent, mais d'autres producteurs de télé ou de
cinéma viennent aussi à lui pour
commander des costumes extravagants en cuir ou des tenues science
fiction en vinyle. Sutcliffe se découvre d’ailleurs un nouveau
fétichisme à titre personnel pour cette matière. Côté affaires, John
a donc définitivement sorti la tête de l’eau et son implication dans
la scène fétichiste s’accentue jour après jour. Côté privé
toutefois, la vie est moins rose, sa femme n’ayant aucun intérêt
pour la chose. On raconte même que les deux ont pendant longtemps
fréquenté les cabinets de conciliation et les psychanalystes pour
essayer de remédier à ce fétichisme décidemment trop encombrant.
Toujours est-il que la relation se meurt après 19 ans de mariage.
En 1967 le magasin Atomage déménage
au 10A Dryden Street à Londres et connaîtra pendant une vingtaine
d’années un grand succès. Peu à peu Sutcliffe se met aussi au latex,
multiplie les contacts avec d’autres designers ou fabricants de
bottes et Atomage présente peu à peu une véritable collection de
tenues qui ne sont plus des pièces uniques, mais peuvent se
commander sur catalogue.
En 1972 John
Sutcliffe lance un petit magazine fetish de format A5, également
nommé Atomage, qui paraîtra jusqu’en 1980. Le magazine présente
à l'origine avant tout des tenues en cuir (l’intérêt majeur de John),
mais s’ouvre de plus en plus au vinyle et au latex. On peut noter
aussi que les photos ne sont jamais pornographiques: on voit
généralement des tenues de ville comme les impers, les manteaux ou les
combis de moto. Et pourtant, Atomage ne rechigne pas non plus devant
les catsuits intégrales, les corsets, les cagoules et autres masques
à gaz. Bref tout un univers de fantasmes qui touche de près ou de
loin des lecteurs hautement motivés et
passionnés par la chose. |
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Les premières années du magazine Atomage: un contenu très cuir. |
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Au fil des années, le magazine affiche les tenues les plus folles.
La plupart étant conçues et fabriquées par la société Atomage
elle-même. |
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« Les sensations de plaisir, de sécurité et la satisfaction
sexuelle de porter du cuir viennent de quelque part au fond
de notre être. Quand vous mettez un chien dans une pièce, il
tournera en rond pendant quelque temps avant de résigner et
de s’allonger, parce que ses ancêtres ont fait la même chose
depuis 100.000 ans.
Nos ancêtres faisaient confiance aux peaux d’animaux pour se
protéger du froid et se sentir en sécurité. Quand nous
portons du cuir, nous réveillons en nous les mêmes instincts
primitifs. Pensez à ceci : vous ne trouverez jamais de
fétichistes de cuir parmi la population de peau noire, car
ces gens ont toujours vécu dans des climats chauds et n’ont
jamais connu la nécessité de se protéger avec des peaux. »
John Sutcliffe |
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