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Studio Biederer: les délicieux caprices (Page 4)

 

Le Studio Biederer est l’œuvre des frères Jacques et Charles Biederer, deux immigrés tchèques qui s’installent à Paris peu avant la première guerre mondiale. Les deux frères se font immatriculer officiellement comme photographes et on peut présumer qu’ils ont tout d’abord cherché à gagner leur vie en faisant des portraits généralistes. Cette activité est toutefois pratiquement inconnue, car les photos faites à la demande de privés, ne sont bien évidemment pas diffusées dans le grand public. Dès le milieu des années 1920, le logo Studio Biederer Paris disparaît de la perception générale et fait place à de nombreux pseudonymes et autres logos mystérieux. Ainsi on trouve des photos griffées « J.B. » (pour Jacques Biederer), mais aussi simplement « B ». Bien plus nombreuses sont les images avec le mystérieux « B surmonté d’un accent circonflexe » ou l’énigmatique « point d’interrogation au centre d’un triangle ».

Les frères Biederer ont semble-t-il négligé la diffusion de photos en véritable tirage pour privilégier le « produit de masse ». Ainsi, ils ont fourni des photos à tous les grands éditeurs de cartes postales comme PC Paris, Super ou Lip Service (pour n’en citer que quelques uns), ces derniers assurant l’impression en grandes quantités. Au vu des très nombreuses images existantes et attribuables à Biederer, on peut parler d’un véritable travail à la chaîne, une folle course dans toutes les directions pour satisfaire tous les fantasmes les plus secrets des acheteurs. Il est clair que tout ce travail n’a pas été fait pour la gloire mais pour gagner de l’argent. Et pourtant, dans chacune de ces images transparaît une certaine bienveillance pour les appétits des acheteurs, une certaine complicité pour les fantasmes les plus divers. On peut noter aussi que la plupart des modèles qui ont posé pour les photos, n’étaient pas des modèles pro en quête de gloire ou de glamour, ou intéressées d’extérioriser leurs propres fantasmes, mais des filles issues du milieu de la prostitution. Et pourtant, les photos de Biederer ont toujours su rester à l’écart de la noirceur ou du côté avilissant du milieu. Bien au contraire : dans beaucoup de photos transparaît une certaine sérénité et on a souvent l’impression que les shootings ont été faits dans la décontraction et la bonne humeur.

Mis à part la vente de photos et cartes postales, Biederer a également fourni des photos pour illustrer des livres érotiques. On trouve ainsi « L’ardente tutelle » de Jim Galding, livre publié par les Editions du Couvre-Feau vers 1934. Biederer a également contribué des photos pour d’autres livres du même éditeur, entre autres « Les délicieux caprices d’une jolie dominatrice » paru vers 1935 et dont l’édition originale ne comprenait que 300 exemplaires.

A la fin des années 1930, les deux frères créent leur propre structure sous le nom Editions Ostra, un logo peu fréquent sous lequel ont été distribués des albums de photos thématiques. L’activité de Biederer s’arrête au début des années 1940 sous l’occupation allemande.

D’après les recherches d’Alexandre Depouy pour son livre « Les Editions Ostra » (Astarté Paris, 2007), les frères Biederer, d’origine juive, ont connu une fin tragique dans un camp de concentration.

 

 

 

Une mise en scène presque gore, qui ose s'aventurer en dehors du SM bon chic bon genre.

 

 

 

L'inquisition moderne? Une série qui a demandé un travail évident de photomontage.

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Publié le 16.01.2010