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John Willie (1902-1962), de son vrai
nom John Coutts, est né à Singapour mais grandit en Angleterre. Dans
les années 30, après un premier mariage raté, il émigre en
Australie. C’est là qu’il tombe sur le
MacNaught Shoe Store à Sydney, une boutique qui vend des chaussures
et bottes à très hauts talons. Parmi les fournisseurs de cette
boutique, on trouve un retraité de la marine reconverti en bottier,
un homme connu sous le nom de Achilles.
Peu à peu Willie plonge dans le monde du fétichisme et du SM et
certains numéros du magazine London Life tombent dans ses mains, une
revue anglaise un peu grivoise qui est une des toutes premières à
ouvrir ses pages aux thèmes du bondage et du fétichisme. Dans les
colonnes du journal apparaissent de temps à autre des articles et
des publicités d’un certain Charles Guyette aux Etats-Unis, un homme
déjà bien actif dans la vente de photos fetish et lui-même grand
amateur de belles chaussures.
Entre-temps Willie s’est mis au dessin érotique, une activité qui
devait peu à peu s’intensifier jusqu’à devenir son principal
gagne-pain à partir des années 40. Le journal London Life publie
dans ses pages le premier dessin de Willie en 1935. On peut noter
que le pseudonyme de notre homme n’est pas choisi tout à fait par
hasard, le mot familier anglais willie signifiant bite. A cette
époque, les illustrations érotiques sont très en vogue, généralement
dans un style très pin up. Willie fait toutefois bande à part, car
ses fantasmes tournent plutôt autour du fétichisme des chaussures,
des bottes et surtout du bondage. Afin de pouvoir faire des dessins
plus réalistes, il commence à faire de nombreuses photos de charme
et de bondage, ces dernières servant d’inspiration pour les dessins.
Willie se lie d’amitié avec un de ses modèles, Holly Faram, qui
devient sa seconde femme en 1942. |