Les Articles

1820-1870
1870-1900
Macintosh
Les enfants du mac
Klepper
CCC
Rukka
Caoutchouc chaussure
Rubber boots
Aigle


1890s La photo
20s Dr.Ernst Schertel
30s Yva Richard
30s Studio Biederer
30s Guyette
40s Klaw&Nutrix
50s Willie&Bizarre
50s Tana Louise
60s Pussy Cat Mag
70s Rainwear Review
70s Sutcliffe&Atomage
80s Viola Bizarr

 

 


 

John Willie: un monde Bizarre (Page 3)

 

Les obsessions personnelles de l’auteur tournent autour des tenues vestimentaires extraordinaires, les tailles bien serrées, les corsets, les chaussures et bottes à hauts talons, les jeux de rôle SM et le bondage. Il est amusant de constater que des mots comme fétichisme ou sadomasochisme, bien que connus à l’époque, sont soigneusement évités dans la revue Bizarre. Ainsi la fascination pour les bottes et chaussures bénéficie de la périphrase footwear fantasia, pour les tenues extravagantes on parle de costumes, de kinky attire ou de fancy dress. Les termes bondage et SM sont éludés également au profit de restrictive gear ou domestic discipline.

A l’origine, Willie voit grand et envisage de publier son magazine Bizarre tous les mois. Ce rythme ne sera toutefois jamais tenu et le titre paraîtra en fait de façon assez irrégulière plusieurs fois par an. Les cinq premiers numéros sont datés de 1946, après quoi le titre disparaît pour 4 ans. Lorsqu’il ressort en 1951, Willie explique dans un éditorial que ce long silence était dû à des problèmes de trouver du papier dans l’après-guerre immédiat et à des problèmes financiers. Ce dont Willie ne parle pas, ce sont ses problèmes familiaux qui se soldent par un divorce avec Holly. Faut dire aussi que l’homme a certes des idées, un passionnant coup de crayon, mais qu’il est aussi un marginal qui s’intègre difficilement aux normes sociales et un peu trop porté sur l’alcool.

A la fin des années 40, Willie maintient la tête hors de l’eau et fournit des dessins érotiques à d’autres magazines, en particulier pour des titres comme Wink ou Whisper, édités par Robert Harrison. Bizarre reprend du service en 1951 et continuera sa publication jusqu’au numéro 26, paru en 1959. La formule générale est bien rodée, avec des articles de fond sur la scène fetish, des considérations historiques sur l’origine de l’attirance humaine pour les tenues sexy qui sortent de l’ordinaire, le tout illustré bien-sûr de photos et dessins.

Aujourd’hui il est difficile de certifier la pérennité des photos, car seulement une partie est de Willie lui-même. Il était en contact étroit avec Charles Guyette et Irwing Klaw, les trois hommes échangeant des photos entre eux et chacun d’eux commercialisant en parallèle aussi des tirages sur papier photo. Ce qui est certain, c’est qu’Irwing Klaw était le seul véritable homme d’affaires dans ce trio. La société de Klaw publiera dans les années 50 quelques bandes dessinées de Willie.

 

Couvertures du numéro 9 (1952) et du numéro 12 (1953)

 

Couvertures des numéros 18 et 19 (tous deux 1956)

 

Les chaussures en folie

 

Le magazine Bizarre était entièrement en noir et blanc, sauf la couverture.
Les dessins en couleurs étaient vendus séparément sous forme de tirés à part.

 

Un peu par humour, mais aussi pour se protéger de la censure, les photos de bondage sont
souvent accompagnées d'un texte incitant les femmes à apprendre des techniques de self défense:
ne vous laissez pas faire, apprenez le jui jitsui

 
 

Retour Page 2 <

 

> Page 4

by Rubycon 07.02.2010