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Les obsessions personnelles de l’auteur tournent autour des tenues
vestimentaires extraordinaires, les tailles bien serrées, les
corsets, les chaussures et bottes à hauts talons, les jeux de rôle
SM et le bondage. Il est amusant de constater que des mots comme
fétichisme ou sadomasochisme, bien que connus à l’époque, sont
soigneusement évités dans la revue Bizarre. Ainsi la
fascination pour les bottes et chaussures bénéficie de la périphrase
footwear fantasia, pour les tenues extravagantes on parle de
costumes, de kinky attire ou de fancy dress.
Les termes bondage et SM sont éludés également au profit de
restrictive gear ou domestic discipline.
A l’origine, Willie voit grand et envisage de publier son magazine
Bizarre tous les mois. Ce rythme ne sera toutefois jamais
tenu et le titre paraîtra en fait de façon assez irrégulière
plusieurs fois par an. Les cinq premiers numéros sont datés de 1946,
après quoi le titre disparaît pour 4 ans. Lorsqu’il ressort en 1951,
Willie explique dans un éditorial que ce long silence était dû à des
problèmes de trouver du papier dans l’après-guerre immédiat et à des
problèmes financiers. Ce dont Willie ne parle pas, ce sont ses
problèmes familiaux qui se soldent par un divorce avec Holly. Faut
dire aussi que l’homme a certes des idées, un passionnant coup de
crayon, mais qu’il est aussi un marginal qui s’intègre difficilement
aux normes sociales et un peu trop porté sur l’alcool.
A la fin des années 40, Willie maintient la tête hors de l’eau et
fournit des dessins érotiques à d’autres magazines, en particulier
pour des titres comme Wink ou Whisper, édités par
Robert Harrison. Bizarre reprend du service en 1951 et
continuera sa publication jusqu’au numéro 26, paru en 1959. La
formule générale est bien rodée, avec des articles de fond sur la
scène fetish, des considérations historiques sur l’origine de
l’attirance humaine pour les tenues sexy qui sortent de l’ordinaire,
le tout illustré bien-sûr de photos et dessins.
Aujourd’hui il est difficile de certifier la pérennité des photos,
car seulement une partie est de Willie lui-même. Il était en contact
étroit avec Charles Guyette et Irwing Klaw, les trois hommes
échangeant des photos entre eux et chacun d’eux commercialisant en
parallèle aussi des tirages sur papier photo. Ce qui est certain,
c’est qu’Irwing Klaw était le seul véritable homme d’affaires dans
ce trio. La société de Klaw publiera dans les années 50 quelques
bandes dessinées de Willie. |