Les Articles

1820-1870
1870-1900
Macintosh
Les enfants du mac
Klepper
CCC
Rukka
Caoutchouc chaussure
Rubber boots
Aigle


1890s La photo
20s Dr.Ernst Schertel
30s Yva Richard
30s Studio Biederer
30s Guyette
40s Klaw&Nutrix
50s Willie&Bizarre
50s Tana Louise
60s Pussy Cat Mag
70s Rainwear Review
70s Sutcliffe&Atomage
80s Viola Bizarr

 

 

Rubber boots: histoires de bottes (Page 2)

 

L’histoire de la botte en soi, mérite également attention. Pendant très longtemps, la botte n’était pas vraiment en vogue. Ce n’est qu’à l’époque de la Renaissance qu’elle apparaît plus fréquemment. Au fils des décennies elle se décline en bottes courtes ou montantes jusqu’à la cuisse, avec ou sans talon. Elle est d’ailleurs pratiquement absente de la garde-robe des femmes. Elle est surtout portée par les militaires et en particulier les officiers, qui seuls ont les moyens de les payer. Elle devient aussi à la mode comme tenue de travail pour les cavaliers (bottes écuyères ou riding boots en anglais).

Au XVIIe siècle, la botte de cuir est un symbole, un produit de luxe et déjà elle n’est pas seulement un objet, mais génère des émotions. Par son prix, elle est inaccessible pour au moins 95% de la population, et devient ainsi symbole de richesse. Indirectement elle prend aussi une connotation de jeu de rôle entre le porteur (rôle dominant) et le personnel servile devant par la suite nettoyer et faire briller cette dernière. Ce n’est pas pour rien qu’est née l’expression « cirer les bottes de quelqu’un » ! Cette symbolique plus ou moins marquée se retrouve bien entendu dans la scène fétichiste actuelle. Que serait la dominatrice sans une belle paire de cuissardes reluisantes?
 

 

Au XVIIe siècle, la botte envahit les comtes populaires.

 


Un autre sujet populaire: l'ogre et ses bottes de sept lieues.
 

 

Au XVIIIe siècle, la botte est fort présente dans l'armée, montante jusqu'au genou
ou décorée avec des pompons (en vogue en Hesse).

 

« Avoir du foin dans les bottes » qui désigne le fait d’être riche, est une autre des ces expressions liées au monde de la botte et à son caractère élitiste. Au XVIIe siècle se multiplient les histoires fantastiques autour de la botte, comme le comte du « Chat botté » immortalisé par Perrault, ou l’histoire de l’ogre portant des bottes de sept lieues, qui lui permettent de franchir d’énormes distances en une seule enjambée. Derrière cela se cache d’ailleurs une histoire vraie. A l’époque, le courrier et les voyageurs faisaient usage de carrosses et il existait de nombreux messagers dont les plus chanceux montaient à cheval, et les moins chanceux parcourraient de longues distances à pied. Avant l’introduction du système métrique, la lieue désignait une distance de 4 à 4,5 kilomètres (variable selon la région), soit l’équivalent de la distance que marche une personne en 1 heure. Afin de permettre le repos des voyageurs (et des chevaux), les principaux axes routiers étaient régulièrement bordés d’auberges et relais avec l’objectif d’en avoir au moins un toutes les sept lieues (soit de l’ordre de 30 kilomètres et déjà une sérieuse route pour un marcheur). L’expression « botte de sept lieues » se réfère donc au besoin vital d’avoir une bonne paire de bottes pour aller de bon pied.

Au cours du XVIIIe siècle et jusqu’au Premier Empire, les cuirasses et armures du Moyen Age ont fait place dans l’armée à des uniformes hauts en couleurs et les officiers arborent fièrement leurs bottes. Selon les pays, celles-ci sont plus ou moins hautes, la tige allant parfois jusqu’au genou. En Angleterre, Arthur Wellesley duc de Wellington, est mécontent des bottes disponibles dans son pays. Il demande à son cordonnier de créer un nouveau design avec un cahier des charges précis : les bottes doivent avoir un petit talon, être assez courtes pour les chausser facilement, être robustes pour se déplacer sur tous les terrains et être suffisamment élégantes « pour aller directement du champ de bataille à une réception sans devoir changer de bottes ». Vers 1815 se développe ainsi en Angleterre une nouvelle forme de botte, qui sera rapidement adoptée par toute l’aristocratie. Les bottes étaient à l’époque bien entendu en cuir, mais l’expression wellington boot est restée dans le langage courant et désigne aujourd’hui des bottes en caoutchouc (familièrement nommées aussi wellies).

 

Vers 1815 Arthur Wellesley, duc de Wellington, popularise la botte de
hauteur moyenne en Angleterre. D'où l'expression wellington boot.

 

 

Sous le Premier Empire, la botte est populaire
en France également et se décline sous un
design plus raffiné (avec la tige retournée).

Les modèles du XIXe siècle (en cuir) trouveront
par la suite un renouveau dans leur version
caoutchouc et nombreuses bottes écuyères
actuelles (Le Chameau, Aigle) en sont dérivées.

 

 

Retour Page 1 <

 

> Page 3

Publié le 17.05.2009