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Dès les débuts de l’industrie du caoutchouc vers 1820, ce matériau
nouveau s’impose dans le domaine de l’habillement. Mis à part les
imperméables, c’est avant tout dans la chaussure qu’il se développe.
En effet à l’époque les chaussures étaient fabriquées manuellement
en toile ou en cuir, avec des semelles et talons en cuir ou en bois,
voire une combinaison de différentes matières. Ces produits avaient
des défauts notoires, comme le manque de stabilité, la lourdeur et
la mauvaise résistance à la pluie.
Les premières expérimentations de Thomas Hancock au Royaume-Uni
conduisent rapidement à introduire le caoutchouc dans la chaussure,
en plongeant des souliers ordinaires dans une solution caoutchoutée
liquide pour les rendre imperméables. Mais avant l’invention de la
vulcanisation (1843) le caoutchouc était instable et avait un côté
adhésif indésirable. Ce n’est donc que dans la seconde moitié du
XIXe siècle que le progrès technologique devait permettre un réel
essor. Peu à peu les inventeurs ont réussi à dompter le caoutchouc
pour en faire des feuilles plus ou moins épaisses, et pour mettre au
point des qualités plus ou moins élastiques ou dures, en fonction
des additifs rajoutés.
A l’origine, les premières chaussures en caoutchouc étaient
fabriquées avec des pièces découpées dans des feuilles de
caoutchouc, souple pour le dessus et dure pour la semelle, le tout
étant assemblé par couture et en utilisant du latex liquide pour
parfaire les jointures. Puis vint l’invention des machines à
mouler, qui permettent d’introduire du caoutchouc semi-liquide dans un
moule et de vulcaniser par après la chaussure ou la botte. Cette
technique est d’ailleurs toujours d’actualité de nos jours.
A partir de 1840 la chaussure en caoutchouc devint à la mode, en
particulier au Royaume Uni et aux Etats-Unis. En peu de temps,
s’établit une véritable ruée vers l’or élastique, qui verra naître
des centaines de petites manufactures comme la LIVERPOOL RUBBER
COMPANY (absorbée plus tard par DUNLOP), la GOODYEAR METALLIC RUBBER
SHOE COMPANY ou la très populaire BOSTON RUBBER SHOE COMPANY créée
en 1855.

Une des applications les moins glamour, mais néanmoins très porteuse
en termes de vente, est bien évidemment le marché de la semelle et du
talon. Cette question est de nos jours désuète, puisqu’il s’agit
d’un produit banalisé. A la fin du XIXe siècle, c’était toutefois
une véritable science pour essayer de trouver la bonne composition
du matériau utilisé afin d’ optimiser confort, facilité
d’utilisation et durabilité. Ce n’est d’ailleurs qu’en 1899 que
l’américain Humphrey O’Sullivan invente le talon caoutchouc moderne,
c’est-à-dire formé et durci, destiné à être cloué sur la chaussure,
et pouvant donc être par la suite remplacé après usure.
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