Les enfants du mac

Le véritable Macintosh a été inventé par un écossais du même nom et fabriqué par sa société. Après des débuts laborieux, il a connu un succès fulgurant, surtout après l’invention de la vulcanisation du caoutchouc, qui donne sa stabilité au matériau. Au XIXe siècle la société Macintosh était de loin le plus grand industriel du caoutchouc en Angleterre et ses vêtements ont donc été largement diffusés sur ses terres natales, un pays au climat modéré où pluie et bruine sont fréquents, ce qui justifie donc un investissement dans un bon imperméable.

L’imper caoutchouté est aujourd’hui toujours populaire parmi les fétichistes du latex. Mais il faut quand même prendre conscience du fait que les macs originaux n’avaient pas vraiment de connotation fetish : il s’agissait juste de manteaux servant à se protéger de la pluie. La couche de caoutchouc était confinée entre deux épaisseurs de tissu, le feeling fetish n’était donc pas à l’ordre du jour. Restait bien-sûr l’odeur caractéristique et le bruissement, mais sans plus.

Pour la petite histoire, notons que la couleur naturelle du caoutchouc traité industriellement est brunâtre, plus ou moins translucide en fonction de la pureté des matières premières et des additifs utilisés. La couleur en soi vient de l’adjonction de colorants. En des temps reculés, on utilisait souvent du « noir de fumée », d’où une prédominance de la couleur noire. Par la suite, l’invention de nombreux colorants chimiques devait permettre de fabriquer du caoutchouc dans toutes les teintes imaginables.

Les macs étaient généralement teints de couleurs sombres et neutres afin que la couche de caoutchouc ne transparaisse pas sous le tissu, mais également car les couleurs sombres sont moins salissantes. L’armée royale anglaise, et en particulier les officiers, avait toutefois un faible pour le bleu profond, couleur aujourd’hui encore connue au Royaume d’Albion sous le terme de « royal blue ».

Au XIXe siècle la société Macintosh a surtout écoulé ses produits sur le marché intérieur, l’export n’étant pas la priorité. Mais le groupe a vendu des licences de fabrication à de nombreux industriels, ce qui explique la multiplication de produits similaires, mais également la banalisation du terme mackintosh (avec un k) qui désigne toute forme de manteau de pluie ample en tissu caoutchouté.

  Le mackintosh se démocratise

 (Publicité de Hodgman de 1880)
On peut remarquer la diligence à l'arrière-plan.
Le caoutchouc et la toile caoutchoutée
étaient particulièrement prisés dans
le transport à l'époque, sous forme de bâches
pour les bagages et les chevaux et les vêtements
du cocher, "condamné" à rester assis sous la pluie.

 

"Gummi" en Autriche également  (publicités de la société Optimit de 1919)

 

  Développement aux USA
au début du XXe siècle

 


Quelques perles du texte publicitaire:

"Ne t'inquiète pas, mon oncle, nous portons notre Raynster"

"Raynster transforme les jours pluvieux en jours heureux"

"Parlez à vos amis de ces merveilleux manteaux
contre la tempête. Les Raynsters sont faits pour
les garçons et les filles, les hommes et les femmes,
de nombreux styles pour toutes les bourses."

  Aux abris

(Publicité anglaise de 1938)


Une campagne publicitaire dans un triste contexte.
Devant le risque imminent de guerre, le gouvernement
multiplie les campagnes de sensibilisation invitant
la population à se prémunir. D'où les mackintoshs
et les masques à gaz. Je ne sais pas trop que
viennent faire les cigarettes Wills dans tout ça;
probablement un sponsor pour la campagne.

 

Manteaux et capes
en France également

(publicité de la marque CCC
des années 50)

 

Un classique français  (La marque Manufrance, spécialisée à l'origine dans les armes,
se lance dans les vêtements outdoor au cours des années 20)
 

Le bon vieux
temps

 (Dans les années
1950-60, les
manteaux caoutchoutés sont très présents)
 

Pas seulement
contre la pluie ...

 (La marque anglaise
Aquasprite - ici des pubs de
1965- a été la grande favorite
des fétichistes de l'époque)
 

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 Publié le 22.03.2008