Irwing Klaw & Nutrix: le roi des pin-ups
 

  Irwing « le petit homme rond » (mais
surnommé le roi des pin-ups), avec
Bettie, sa muse préférée.

 

Irwing Klaw (1910-1966) commence sa vie professionnelle comme fourreur dans la région de New York. En 1938 il décide de changer sa vie et ouvre un « book & photo store », une boutique qui vend des bandes dessinées, des livres et magazines sur le cinéma, ainsi que des souvenirs comme des affiches de films et des sets de photos. Après la 2e guerre mondiale Klaw publie son propre magazine cinéma « Movie Star News ».

Dans ce business, ce sont les sets de photos d’actrices connues qui remportent le plus de succès et très rapidement Klaw réoriente son offre à l’attention d’un public adulte. Il rachète des négatifs de photos érotiques, produites par des gens comme John Willie ou Charles Guyette et commercialise des tirages sur papier photo. Klaw se met également à la photo et fait ses propres images de pin ups. A l’époque, les autorités cherchent scrupuleusement à limiter la diffusion de nus et photos pornographiques. Klaw, comme d’ailleurs ses collègues, veille donc à ne présenter des modèles qu’habillées, les poses et les situations étant suffisamment « claires » pour faire fantasmer les acheteurs.

L’affaire prend une nouvelle dimension vers 1947, alors qu’apparaissent les premières photos bondage et fetish. Jusqu’en 1956 Klaw produit lui-même ou délègue à d’autres photographes une intense production de photos, avec plusieurs centaines de shootings. En fait il fédère autour de lui un petit cercle de collaborateurs proches ou occasionnels. Klaw met à contribution sa sœur Paula, qui pendant de longues années sera aussi photographe, assistante sur le plateau, maquilleuse, mais également modèle. Bref, la parfaite petite affaire de famille.

La production photographique de Klaw a une double particularité. Alors que les magazines de charme classiques des 40s et 50s montrent généralement des pin ups très glamour, très clean et finalement inoffensives, Klaw engage des danseuses et stripteaseuses burlesques comme Baby Lake, Tempest Storm, Blaze Starr ou Bettie Page et génère des images contenant plus de fantasme. Ainsi les bas en nylon, les chaussures à talons, les corsets ou les bottes manquent rarement à l’appel. Il engage également des amatrices, qui, même si elles ne sont pas des modèles parfaites, donnent une certaine authenticité aux situations érotiques.

Dans les années 50, Klaw concentre ses efforts sur les « situations spéciales », notamment avec des shootings de femmes lutteuses (wrestling women), des tenues plus fétichistes (cuir, gants longs, ceintures de chasteté…) mais explore surtout le BDSM sous différents angles (fessée, gags, bondage…). Pour certaines séries, le petit cercle de collaborateurs bricole même des appareils et meubles SM, dont l’utilisation ne manque pas d’impressionner les acheteurs de photos.

Entre 1949 et 1956 Klaw tourne également une bonne centaine de court métrages en 8mm ou 16mm, articulés autour de 4 thèmes principaux : les danseuses burlesques, le wrestling entre filles, les films fétichistes des bas, bottes et chaussures, et enfin le bondage. Il est également réalisateur de trois films de cinéma : « Varietease » (1954), « Teaserama » (1955) et « Buxom Beautease » (1956). Ces longs métrages sont des comédies légères, construites autour de shows burlesques, avec à chaque fois la participation d’une demi-douzaine de filles en tenues légères. Vus aujourd’hui, ces films sont très naïfs, scénario bidon, et on voit surtout de belles femmes en lingerie sexy danser longuement sur des airs jazzy, en montrant leurs charmes. Les deux premiers films connaissent d’ailleurs un certain succès, essentiellement dû à la présence très marquée de Bettie Page, LE top modèle des années 50. Le troisième film (sans Bettie) tombe aux oubliettes, mais sera plus tard remonté avec d’autres scènes et republié sous le titre de « Strippers Parade ».
 

  Mis à part la boutique de New York
ainsi qu'une distribution très limitée
par un réseau de bouquinistes triés
sur le volet pour leur discrétion,
le gros des affaires se fait en vente
par correspondance. Avec des
annonces relativement banalisées dans la
presse (ici en 1948), Klaw propose
ses séries photos.

A noter les adjectifs "unretouched"
et "uncensored" dans le texte, qui
suggèrent une certaine authenticité,
absente dans les magazines et photos
de charme produites par d'autres.

Cette annonce fait par ailleurs le tour
des principaux intérêts de Klaw:
bas de soie, talons aiguille, lingerie
sexy, femmes lutteuses et -bien sûr-
les fameuses slave girls.

 

Le côté clean des affaires: des images de pin-ups en lingerie, sexy
mais pas vraiment provocantes (ici avec la danseuse burlesque Lili St.Cyr)
 

 

Bondage, cordes, appareillages bizarres...
C'est là que Klaw marque des points par rapport aux autres.

 

Bettie Page en détresse...
et Paula Klaw (la soeur d'Irwing) en fesseuse.

 

 

"Varietease" et "Teaserama", deux des films de Klaw en 1954 et 1955.
Pas du grand cinéma... juste pour mater!
 

 

Silence, on tourne...

Ici on s'affaire pour mettre en boite
le film "Teaserama"

Tempest Storm et Bettie Page dans "Teaserama"

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Publié le 16-08-08