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Irwing Klaw & Nutrix: le roi des pin up (Page 3)

 

En parlant de Klaw, il ne faut pas oublier son activité de distribution de bandes dessinées. Il a en effet joué un rôle de catalyseur et mécène pour une bonne dizaine de dessinateurs érotiques comme Jim, Mario, Eric Stanton ou Gene Bilbrew. Klaw a mis régulièrement ces derniers à contribution pour illustrer ses catalogues de vente par correspondance ou autre matériel promotionnel. Il a également publié leurs histoires dessinées.

De nos jours, les albums de BD sont généralement des petites œuvres d’art, dont le dessin, le lettrage, le coloriage et la mise en page peuvent prendre des mois voire des années. Dans les années 50, les BD adultes dont il est ici question, se présentaient sous forme de planches noir et blanc, dessinées au jour le jour, plusieurs planches formant un chapitre. Ces derniers étaient vendus un par un. Comme la diffusion était limitée, les dessinateurs étaient mal payés. Aujourd’hui on se complait à parler du contenu artistique et de la passion fétichiste chez Stanton ou Bilbrew, mais à l’époque, ces gens avaient aussi des préoccupations très existentielles. Faut bien manger tous les jours ! Les bandes dessinées étaient donc souvent vendues chapitre par chapitre, et ce n’est qu’au cours des mois que tous les chapitres (parfois une dizaine, parfois jusqu’à 30) devenaient accessibles.

M'sieur Irwing en charmante compagnie
 

Le business d’Irwing Klaw a été très lucratif, on dit qu’il a fait une petite fortune avec son commerce et ses photos. Aujourd’hui on parle de lui avec beaucoup d’admiration, pour son rôle de précurseur, pour sa pugnacité envers la police et la justice, qui ont maintes fois frappé à sa porte. Néanmoins, Klaw était aussi un homme d’affaires et le petit commerce du début, est devenu au fil des ans une véritable production de masse. Vers 1955-1956 Klaw a de sérieux ennuis avec la justice, les autorités cherchant à prouver son immoralité et l’influence néfaste de ses images BDSM chez certains criminels. Pour éviter de se noyer dans le marais des accusations, Klaw arrête alors la production de nouvelles photos BDSM et détruit même une grande partie des négatifs existants, qui auraient pu servir de pièces à conviction.

Alors que les ennuis avec la justice s’estompent, Irwing Klaw fonde en 1959 une nouvelle société « Nutrix Corporation » qui jusqu’en 1965, publiera environ 200 nouvelles érotiques, toutes construites sur le même schéma. Un texte simple (parfois même simplet), illustré avec des photos érotiques et des illustrations dessinées par les fidèles collaborateurs. Toutes ces nouvelles ont un rapport avec le bizarre, le fétichisme et le bondage, sous différentes formes. Il est intéressant de noter l’apparition en grand nombre d’ouvrages relatifs au travestisme et – chose nouvelle pour Klaw – d’histoires d’hommes dominés par des femmes fatales. Un peu étonnant pour quelqu’un qui a longtemps favorisé les bondagettes et les demoiselles en détresse.

Klaw se remet également au cinéma et codirige avec Larry Wolk le film « Nature’s Sweethearts » (1963), encore une histoire de libertinage sexy un peu niaise. Par la suite paraîtra encore le film « Girls came too » (1968), qui est en fait un montage de scènes inédites de Irwing Klaw et Harry Kerwin. Klaw ne le verra pas, il décède subitement en 1966 des suites d’une appendicite soignée trop tard.
 

 

 

Sur les deux dernières images, le rubberist que je suis, remarque évidemment l'utilisation des
fameux "Playtex rubber girdles" (un sujet sur lequel je reviendrai en détail à l'occasion).

 


Entre 1959 et 1965 la nouvelle société Nutrix propose
une importante gamme de photos et BD érotiques.

 


Les clients réguliers en correspondance étaient abonnés à une lettre d'information.
Appelée d'abord "Irwing Klaw Bulletin" puis "Nutrix Bulletin", celle-ci
présentait régulièrement les nouveaux produits de la firme.

 


Backstage
Le patron s'assure que les cordes sont en bonne position

 

Entre 1959 et 1965 Nutrix publie environ 200 nouvelles bizarres avec
un petit texte érotique rehaussé de photos ou illustrations étranges.
 


Après les bondagettes, de nombreuses histoires de dominatrices
et de travestis savoureusement transformés, attachés et domptés.
 

 

Les deux derniers longs métrages auxquels a participé Klaw dans les années 60:
Pas de BDSM, mais toujours du sleaze qui ne vole pas bien haut.
A noter la mention "adults only": de nos jours on montrerait cela sans problèmes à la télévision!

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by Rubycon 01.11.2009