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Klepper: le manteau pour toute l'année

 


Klepper et les kayaks pliants
(publicité de 1910)

L’histoire commence en 1889 lorsque le tailleur Johann Klepper ouvre à Rosenheim (Bavière) une boutique de vente pour des articles de sport et de randonnée. En 1907 Klepper se lance dans la fabrication de kayaks pliants (Faltboote) après avoir racheté une licence de l’inventeur Alfred Heurich. Ces kayaks connaissent un grand succès dans les années 1920-1930 alors que les allemands découvrent peu à peu les plaisirs des loisirs de plein air.

En 1919 l’affaire s’industrialise avec la création de la société Johann Klepper & Co KG. Dans les années qui suivent, la société étend progressivement sa gamme avec la fabrication de tentes, de bottes et autres articles.

En 1920 Klepper se lance dans la fabrication de manteaux de pluie et Johann travaille inlassablement à l’amélioration de ses produits.

En 1926 il patente un nouveau procédé d’imperméabilisation de tissus sous le nom de Makobatist, qui sera par la suite connu sous la dénomination Klepperbatist. Le nouveau procédé de caoutchoutage permet aux manteaux de la société d’être totalement imperméables contre la pluie mais aussi contre le vent. Mais contrairement à des produits concurrents souvent lourds et encombrants, les Kleppermäntel sont légers comme une plume, faciles à nettoyer et à sécher.

 

Je ris par ce temps de chien (annonce de 1927)

 

Dès les débuts, pas seulement des imperméables de style trench-coat, mais aussi des capes.
 

 


Malgré l'offensive sur le marché des impers, la société reste
fidèle dans les années 30 à son activité d'origine.


 

 

Solidité et élégance (vers 1931-1933)

 

Dans les années 1930, les manteaux Klepper connaissent un succès grandissant en Allemagne et la société étend sa gamme avec des capes sans manches, mais aussi de nouvelles teintes qui colorent discrètement des produits, qui à l’origine n’existaient qu’en diverses nuances de gris. La société osera même sortir un modèle rouge vif pour dames, qui ne connaîtra toutefois qu'un succès très limité. Apparaissent également des manteaux doublés chaudement pour l'hiver, des protections pour les jambes et des dérivés pour les cyclistes, motards ou chasseurs.

Dans les publicités, la société a encore besoin d'expliquer longuement les détails techniques et les qualités de ses produits. A titre d'exemple voici la présentation officielle dans le catalogue français de la saison 1931/32:

« Partout et en toute saison on est jamais certain, le matin, que le ciel restera sans nuages et qu’il ne pleuvra pas de toute la journée. A la mer, à la montagne, à la ville, que l’on aille à pied ou en auto, il est donc prudent d’être équipé en conséquence. Or, est-on bien protégé avec un manteau d’étoffe qui n’est jamais complètement imperméable, qui absorbe deux à trois fois son propre poids d’eau et qui a besoin d’un jour au moins pour sécher complètement ? Et à notre époque où le sport est à la mode, où dans la rue la circulation des véhicules de tous genres demande tant d’attention et de souplesse, le parapluie n’est-il pas aussi démodé que dangereux ? Si l’usage s’en est conservé, c’est que l’on n’avait rien trouvé de mieux jusqu’ici. Mais aujourd’hui, le problème est résolu grâce au manteau Klepper fait en étoffe Klepper, c’est-à-dire dans un tissu à la fois très solide et très léger, imprégné d’un caoutchouc spécial à l’envers comme à l’endroit. Surtout que ceux qui lisent ces lignes ne se représentent pas un manteau caoutchouté provoquant la transpiration, et encore moins un manteau en étoffe imprégnée d’huile et désignée sous le nom de soie huilée, soie du Japon, peau de baleine, ou autres noms similaires: à l’usage, et au bout de peu de temps, tous ces tissus huilés laissent passer l’eau aux endroits exposés au frottement; le pliage à lui seul leur enlève leur imperméabilité et leur bel aspect, et enfin, ils n’offrent qu’une faible résistance. »

 

Quand on parle de Klepper sur Internet de nos jours, il est toujours question du marché allemand.
Mais comme le montre ce catalogue de 1931/32, la société était aussi très présente en France.

 

 

Les manteaux Klepper sont aujourd'hui des pièces collector. Mais même les catalogues sont en soi des
pièces de collection. J'apprécie beaucoup les aquarelles des catalogues des années 30, signées B.W.
Je ne sais pas qui était cet illustrateur, mais ses dessins sont de grande qualité. A noter aussi le soin
particulier apporté à l'image publique de la société. Ainsi ce catalogue de 1933 dans sa version allemande
et française, ne transcrit pas seulement le texte, mais fait apparaître un gendarme bien français
dans la version destinée à la France. Peut-être bien que le label
«made in Germany » n'était pas très
porteur à l'époque alors que les mauvais souvenirs de la Grande Guerre sont encore très vivants!

 

 

Dans les années 30 Klepper marque aussi son intérêt pour le marché français en créant
une filiale à Paris et certaines photos publicitaires sont également reshootées sur place.

 

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by Rubycon 03.01.2008