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Lors de l’exposition universelle de
1851 à Paris, la société Macintosh est présente avec un stand et
nombre de ses produits sont très appréciés du public. Un livre de
700 pages paru sous le titre de « Travaux de la commission française
sur l’industrie des nations » retrace en détail les inventions et
produits présentés à l’exposition. Voici un extrait du texte
consacré à Macintosh, qui présente clairement la notoriété de la
société à l’époque :
« C’est à Macintosh que nous sommes redevables de l’application du
caoutchouc à l’imperméabilité des tissus et de la fabrication de ces
vêtements, qui, répandus, on peut le dire, dans le monde entier, ont
rendu à l’hygiène des services incontestés, et qui font que le nom
de leur inventeur est devenu si justement populaire. »
Nous les fétichistes apprécions
aujourd’hui les impers caoutchoutés modernes, voire les modèles
entièrement en latex ou SBR. Il y a 100 ans, ces produits n’étaient
toutefois pas aussi agréables à porter. Le caoutchouc d'antan
dégageait une forte odeur, nauséabonde diront certains. La lourdeur
et l’épaisseur du matériau rendaient les manteaux également
exagérément bruyants en les portant. Les détracteurs de
l’époque semaient déjà des sarcasmes, comme quoi « un porteur de
Mackintosh, on le reconnait même de l’autre côté de la rue, rien
qu’au bruit et à l’odeur qu’il dégage en marchant ! »
Il faut remarquer également que le
latex (non traité) est une matière hautement allergène et qu’un
certain nombre de personnes réagit par des rougeurs et
démangeaisons. L’utilisation de solvants chimiques agressifs
n’arrange rien, bien au contraire. A noter de surcroît que les
vêtements caoutchoutés et les bottes en caoutchouc ont connu un
succès fulgurant dans les campagnes anglaises. Les paysans ont
trouvé dans ces vêtements une manière simple et pas trop onéreuse
pour se protéger de la pluie et du vent et certains ont donc été
tentés de porter ces vêtements pendant de longues périodes. Les
problèmes d’allergies et de malaises dus à l’imperméabilité ont donc
régulièrement fait leurs échos dans les discussions médicales.
Notons pour la petite histoire que la société concurrente Burberry
qui fabriquait également des imperméables, avait inventé un autre
procédé d’imprégnation de tissus sans caoutchouc et touchait donc
avec grand succès tout un groupe de consommateurs déçus par les macs
caoutchoutés !
Dans son livre « Applications and
uses of vulcanized Gum-Elastic » paru en 1853, Charles Goodyear
décrit sur plus de 300 pages toutes les applications possibles et
imaginables du caoutchouc. Un livre qui consacre également un petit
chapitre aux vêtements caoutchoutés, dont voici un extrait un peu
sarcastique :
« Les vêtements en gomme élastique imperméable peuvent faire l’objet
d’une réserve sérieuse : ils confinent la transpiration. C’est
pourquoi les articles imperméables ne sont adaptés qu’à certains
usages, dans certaines conditions et doivent toujours être utilisés
avec précaution.
Il n’est pas raisonnable d’espérer d’un objet qu’il soit à la fois
perméable et imperméable à l’air et à l’eau. La chaussure ou le
vêtement étant imperméables à l’air et à l’eau, ils confinent
évidemment la transpiration et ceci n’est pas dû au caoutchouc en
lui-même. Ces articles ne sont pas prévus et ne doivent pas être
portés constamment. Les utiliser de la sorte serait dangereux pour
la santé. Néanmoins, ils sont devenus indispensables pour se
protéger de la pluie et de la neige ». |