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Yva Richard: le temple du cuir verni
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Avec l’invention de la photographie au XIXe siècle,
sont apparues les premières photos érotiques: généralement
gentilles par rapport à ce qui se fait aujourd’hui, mais parfois
aussi explicites. J’ai toujours été un fan des images vintage, pour
leur charme propre, pour leurs mystérieuses couleurs tirant souvent
vers l’ocre ou le sépia. Et bien entendu, ce sont les images
fétichistes qui retiennent toute mon attention. A la fin des années
20 et surtout au début des années 30, c’est surtout la scène
parisienne qui se démarque.
Pour beaucoup de gens et que ce soit
dans les magazines, les livres ou Internet, la provenance des images
est d’un intérêt mineur. Moi j’ai toujours été intéressé de savoir
le comment du pourquoi et d’en apprendre un peu plus sur les
acteurs. A l’époque du net où nous vivons, dans laquelle des
millions de photos apparaissent tous les jours dans les forums et
autres plateformes de sharing, tout devient rapidement futile,
sans véritable intérêt, sans âme, sans histoire. Les photos vintage
par contre me parlent, j’essaye d’imaginer comment vivaient ces
personnes à leur époque, quels photographes se cachent derrière les
sigles apposés au bas des photos. En parlant de sigle justement,
celui de « Y.R. » me passionne depuis longtemps. Un signe qui orne
des images différentes de la production des confrères, des images
souvent très fétichistes et en quelque sorte en avance sur leur
temps. Derrière tout ça se profile la société Yva Richard, dont il
est question ici.
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Les tenues de ville BCBG (à gauche en 1923) font
place
peu à peu à une gamme de dessous plus osés et plus coquins.
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A gauche une
publicité parue dans
« La
vie Parisienne » en 1926. |
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Ces quelques photos et documents qui précèdent, représentent la société
Yva
Richard dans son
activité originale basée sur la lingerie.
Il existe en fait des centaines de
photos en petite tenue de
ce genre. |
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Yva Richard, un nom mystérieux qui colle bien aux
photos tout aussi énigmatiques. Non pas le nom d’une personne
physique, mais celui d’une société, formée par le couple Richard et
Nativa Richard. Le mot Yva étant donc une abréviation modifiée du
prénom de madame. La société apparaît en 1914, sise au 7, rue
Saint-Hyacinthe. Des publicités des années 20 indiquent toutefois 8,
rue du Marché Saint-Honoré. Après vérification, il s’agit en fait de
la même adresse. Probablement une maison faisant le coin et dont
l’entrée à été modifiée pour la rendre plus visible! A l’origine, la
société est spécialisée dans la fabrication et la vente de mode et
de lingerie, avec au programme une gamme somme toute très classique
de robes. La lingerie est décrite comme étant en « crêpe de Chine,
brodée à la main », donc plutôt dans le haut de gamme.
Compte tenu de la 1ère guerre mondiale,
Yva Richard ne fait pas beaucoup parler de lui dans les premières
années. Ce n’est qu’au début des années 20 qu’apparaissent les
premières publicités. Comme il est d’usage à l’époque, les messages
publicitaires sont illustrés de croquis et gravures, mais la société
reconnait rapidement que le média de la photographie est bien mieux
adapté à mettre en valeur les vêtements et attiser l’envie des
clientes. Pendant quelques années, la société fait appel à des
professionnels pour shooter les produits, mais le couple décide
finalement de prendre la chose en main, avec Nativa devant
l’objectif et (on présume) Richard derrière la caméra. Dès le milieu des années
20, les photos changent radicalement de ton: il ne s’agit plus
seulement de mettre en valeur les vêtements eux-mêmes, mais Nativa
développe semble-t-il une véritable tendance exhibitionniste et
restera pendant une dizaine d’années le modèle principal des séries
photos signées YR. Nativa est d’ailleurs un modèle très
intéressante, un peu coquine mais jamais vulgaire, un peu exhib mais
ne montrant jamais trop, un peu garçonne par la coupe de cheveux,
mais néanmoins féminine. En comparant des images des années 20 avec
des images plus tardives, il faut reconnaitre aussi que la dame a
pris un peu de poids, mais garde tout son charme mystérieux.
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Une âme sensible pour les travestis (publicité de 1934)
A droite, le fantasme du corset serré à bloc. Mais à
mon avis, vu la carrure généreuse de Nativa, elle n'a
pas pu serrer à ce point! Et oui, même à une époque où
Photoshop n'existait pas, on faisait des retouches à
la main sur les négatifs. |
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