Commentaire
_______________________________________________________
A première vue, le film est un polar
assaisonné de quelques scènes érotiques et BDSM. Il pose toutefois quelques
questions existentielles. Ainsi Xenia écrit « I don’t know if I exist. You have
to create me » (en anglais dans le film) à son futur partenaire Ghost. Une
question fondementale que connaissent toutes les personnes dans le milieu fetish
et SM: le besoin de chercher ses limites, le besoin de fuir le quotidien
vanille bien réglé pour se lancer dans l’exploration d’un monde nouveau. Même si
certaines personnes ont un penchant marqué pour la domination ou la soumission,
beaucoup de néophytes sont plutôt switch, avec le besoin d’en découvrir plus sur
ces pratiques, de chercher jusqu’où on peut aller. Une quête qui nécessite de
trouver un partenaire à la hauteur et de progresser ensemble vers de nouveaux
sommets.
« Amorestremo » a le mérite de
présenter le côté convivial des tchats et des rencontres sur Internet,
l’anticipation des blind dates. Mais il met en garde aussi contre les dérives,
les fakes, les psychopathes, le risque lié à l’inconnu.
La quasi-totalité du film se trame
dans la pénombre, ce qui lui donne un air inquiétant et mystérieux.
Malheureusement, la lumière sur le plateau est mal maîtrisée et les acteurs se
retrouvent souvent à moitié dans le noir ou à contre-jour. Ce qui aurait dû être
un exercice de style, conduit finalement à une situation ou le spectateur se
lasse d’être toujours plongé dans le même climat sombre.
Le sous-jacent du film est certes
intéressant. A commencer par la fille qui se réveille le matin, ne sachant plus
ce qui s’est passé la veille. Néanmoins tout cela est traité de manière bien
molle dans ce film. Dans le même registre, le film « Le lendemain du crime »
(The morning after) de Sidney Lumet (1986) avec Jane Fonda est autrement plus
incisif.
« Amorestremo » pâtit de dialogues
souvent peu convaincants, d’un montage de scènes manquant de tonus. Les scènes
érotiques sont nombreuses, mais la passion ne s’exprime que rarement. Le côté
polar manque lui-aussi de mordant. Si l’on prend Alfred Hitchcock ou Brian de
Palma comme références, « Amorestremo » est finalement bien mou.
Au final, un film qui n’est pas
désagréable à regarder, mais qui ne passionne pas beaucoup. Dispensable, malgré
la touche SM et même légèrement fetish (vinyle, cuir) par moments.
|