| Commentaire
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Le film
The Cell est très particulier, car il met en symbiose deux dimensions
complémentaires. D’un côté la réalité, qui s’articule autour du
traitement médical, des crimes d’un malade mental et d’une enquête
policière tentant de mettre un terme à ces agissements. Bref un
polar ou thriller classique.
Une bonne moitié
du film est toutefois consacrée au monde imaginaire, au pèlerinage
de Catherine Deane dans l’esprit des malades. Cette partie est la
plus intéressante, car le metteur en scène a très bien réussi à
mettre en images l’univers de rêves et de pulsions, dans lequel tout
est possible et rien ne semble être soumis à une logique
rationnelle.
The Cell s’ouvre sur une séquence où Catherine Deane est toute vêtue de blanc
et se retrouve au milieu d’un désert aride (très belle images
tournées en Namibie) peuplé de chevaux, de bateaux abandonnés et de
jouets qui symbolisent la névrose, la solitude et le manque de
repères d’Edouard, un petit garçon autiste. Le spectateur se
retrouve donc plongé dans un univers fantastique très visuel, très
symbolique, très visionnaire. Un conte de fées et d’arbres roses qui
fait penser à Alice au pays des merveilles ou au Magicien d’Oz.
The Cell n’a toutefois rien d’un conte pour enfants et les
pièces du puzzle imaginaire s’assemblent peu à peu pour former un
fil conducteur qui relie le monde du réel à celui de l’imaginaire,
bref une démarche très freudienne.
Les séquences de
rêve dans l’esprit de Stargher sont d’un autre gabarit, puisqu’il
s’agit du monde d’un adulte, ponctué par des pulsions sexuelles
violentes, une énergie criminelle et des créatures malsaines. Le
tout semble inspiré par la descente aux enfers de la Divine
Comédie de Dante Aligheri ou par certaines peintures torturées de
Hieronymus Bosch. Certaines scènes sont intéressantes d’un point de
vue fétichiste pour les costumes baroques, pour Jennifer Lopez en
nonne toute de rouge vêtue ou pour la tenue gothique sombre (est-ce
du latex?) lorsqu’elle joue une Amazone tentant de résister à
l’emprise maléfique de Stargher.
The Cell est
le premier long métrage de Tarsen Singh, qui était surtout
spécialiste des pubs et vidéoclips. Personnellement j’aime beaucoup
le travail visuel, les images mystiques et hautes en couleurs vives.
Un véritable cauchemar surréaliste longuement développé avec un
mélange de scènes réelles et d’effets spéciaux. Le film n’a
toutefois pas reçu de très bonnes critiques, car abstraction faite
du visuel haut de gamme, le scénario est très simple et le rôle des
acteurs est réduit au strict minimum.
Le rôle du
policier Novak est secondaire et l’acteur n’a pas beaucoup de
prestance. Et que dire de Jennifer Lopez? A l’époque elle était
surtout connue comme chanteuse et The Cell fut un de ses
premiers grands rôles au cinéma. Dans ce film elle n’a pas beaucoup
de caractère à montrer. Le metteur en scène l’a surtout mise à
contribution pour porter de très nombreuses tenues les plus
délirantes, qui visualisent les différentes facettes des séquences
de songes.
On peut noter
également que la musique du film est à la mesure des images.
Composée par Howard Shore (qu’on retrouve souvent dans le score des
films de David Cronenberg), la musique de The Cell est très peu
mélodique. Il s’agit plutôt de plages atonales parfois calmes,
parfois agressives et souvent dérangeantes. Shore y fait alterner
bruitages, brèves envolées orchestrales violentes, influences
orientales, le tout mêlé à une approche expérimentale.
Ceux qui
cherchent un polar ou un thriller réaliste, bien carré et plein
d’action, seront déçus. Les amateurs d’images très design et ceux
qui sont prêts à se laisser transposer dans un monde imaginaire
hostile et parfois violent, seront comblés. |