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Synopsis
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Maya (Yumi
Takigawa) est une jeune femme pleine de vie. Elle entre au couvent
afin de mener une enquête sur la mort de sa mère, qui était
elle-même nonne. Le couvent est un lieu où il faut renoncer à tout.
L’arrivée de Maya donne lieu à une cérémonie pendant laquelle on lui
demande de se déshabiller devant toute l’assemblée, un rituel
marquant l’abandon de l’ancienne vie. Maya est tout de suite mise
sous condition : le couvent est régi par un protocole strict et tout
manquement aux 73 commandements sera sévèrement puni.
De nombreuses
nonnes peuplent le couvent. Maya est peu à peu intégrée dans le
quotidien rythmé par les corvées de travail dans les champs, les
repas austères au réfectoire, l’ambiance clinique du dortoir et les
leçons de morale dispensées par la mère supérieure. Certaines
religieuses ont une réelle vocation et se conforment aux règles de
piété et chasteté. D’autres luttent par contre pour ne pas succomber
aux péchés. On surprend des filles à voler de la nourriture au
garde-manger, à s’adonner à la volupté de plaisirs lesbiens ou tout
simplement à se rebeller contre l’autorité. Certaines nonnes
réalisent la portée de leurs manquements et se remettent sur le
droit chemin par l’auto flagellation. D’autres sont prises en
flagrant délit par la supérieure et traînées vers la salle de
punition. Chaque péché connaît son châtiment attitré et
l’humiliation, les coups de fouet ainsi que les tortures
inquisitoires sont à l’ordre du jour.
Maya est d’abord
soupçonnée de dénoncer ses consoeurs auprès de la mère supérieure,
mais trouve bientôt quelques alliées comme Sœur Ishida (Emiko
Yamauchi), une rebelle qui ne recule devant rien pour saper les
fondations de l’institution. Un petit groupe joue un tour à la mère
supérieure en faisant entrer deux hommes dans le couvent. Ces
derniers surprennent la mère dans son sommeil et alors qu’elle rêve
de plaisirs de chair, les deux hommes la prennent tour à tour,
donnant vie à ses fantasmes secrets. 
La perversion est
omniprésente au couvent. Le révérant Kakinuma (Fumio Watanabe) qui
vient faire des visites régulières, prêche l’obéissance et la piété,
mais ne manque pas de se servir des charmes des jeunes filles. Maya
ne perd pas de vue son objectif. Une nonne mourante lui apprend
quelques détails sur le décès de sa mère alors qu’elle était
enceinte voilà 18 ans. Bravant les interdits, Maya fouille dans les
archives, essayant d’élucider le reste du mystère et cherche à
trouver qui est son père.
Les fondements
même du couvent sont ébranlés alors que les sombres détails du passé
ressurgissent et la mère supérieure est remplacée par Nathalie (Ryouko
Ima), une religieuse encore plus sadique lorsqu’il s’agit de
rétablir l’ordre.
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| Commentaire
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Les fantasmes de
nonne ont fait une entrée en force dans le cinéma des années 70 et
plusieurs films jouent sur le côté fétichiste des tenues des
religieuses et les fantasmes sexuels interdits qui peuvent y être
associés. « Le couvent de la bête sacrée » fait très fort dans cet
exercice. C’est un véritable film choc qui donne la part belle à
l’érotisme, au sadisme, à la torture, le tout sur un fond résolument
blasphématoire. Norifumo Suzuki a néanmoins réussi à créer une œuvre
cinématographique majeure, un film d’avant-garde aux cadrages et aux
effets de style époustouflants.
Les personnages
principaux sont de jeunes et jolies nonnes aux visages d’anges. La
caméra fait de nombreux gros plans sur des visages innocents et
sereins. Mais pour les scènes érotiques, les filles dénudent leurs
charmes et laissent flotter leurs crinières au vent, ne laissant
aucun doute sur leur avidité à s’adonner aux plaisirs charnels.
« Le couvent »
montre plusieurs scènes de torture pour lesquelles Suzuki a magnifié
tout son art : elles sont à la fois cruelles (sadisme), hautement
sensuelles et d’un esthétisme au plus haut niveau. L’ensemble des
nonnes connaissant les règles, elles prennent tout de même le risque
de les transgresser. Elle s’exposent aux punitions et participent
aux châtiments des brebis égarées. Le spectateur est très habilement
associé à ces jeux à la fois sadiques et masochistes. Deux scènes
sont longuement développées dans le film. Dans l’une d’elle, Maya
est destinée à être fouettée par toute l’assemblée. Elle est
bondagée avec des ronces puis fouettée avec des bouquets de roses
rouges. D’abord par une sœur, puis une autre, puis par toute
l’assemblée. Les fleurs sont déchiquetées et les pétales voltigent
dans la salle. Des milliers de pétales, rouges comme le sang qui
perle du corps meurtri de la victime.
Pour un chrétien,
la nonne représente la piété, l’humilité, la quête de spiritualité.
Y associer érotisme et sadisme est en soi une provocation. « Le
couvent » va pourtant plus loin. Beaucoup plus loin. Au début du
film on nous assène des paroles pieuses comme « la novice doit
respect et obéissance » ou encore « la sainteté nécessite la
chasteté ». Mais Ishida, la sœur rebelle, incarne à elle seule la
dépravation en introduisant du whisky au couvent ou en militant en
faveur de relations sexuelles pour les sœurs en déclamant: « Si on
veut des enfants, il faut bien passer à la casserole un jour ». 
Dans la seconde
partie du film apparaît le révérant Kakinuma, un personnage au
regard sournois et à la longue barbe style Raspoutine. On nous le
présente tout d’abord comme un obsédé qui s’en prend aux jeunes
nonnes pour le plaisir. Puis vient un long monologue athéiste, dans
lequel Kakinuma met en cause l’existence même de l’Etre suprême. Sur
fond d’images de guerre retraçant les atrocités de la bombe
nucléaire de Nagasaki, le révérant déclare d’une voix grave: « Dieu
est-il jamais apparu aux Hommes qui pourtant se prosternent devant
lui? ». Et il rajoute: « Même dans l’enfer d’Auschwitz, Dieu n’est
pas venu à l’aide des Hommes qui souffraient! ». Cette scène n’est
pas érotique et n’est pas directement liée à la trame du film. Elle
est en quelque sorte la pierre philosophale du film, un symbole fort
qui justifie la haine et le désir de vengeance du révérant et donne
matière à réflexion au spectateur. Nagasaki est en fait un des
berceaux historiques de la présence chrétienne au Japon et c’est
justement elle qui a été anéantie par la guerre.
« Le couvent »
est un très grand film du point de vue artistique, une œuvre
ambitieuse qui provoque la collision frontale entre le bien et le
mal, le beau et la perversion, le plaisir et la douleur. Où
serait-ce le plaisir dans la douleur? Un film indispensable pour
les esthètes visuels et les fétichistes de nonnes. A éviter
absolument pour les fervents croyants.
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