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Le couvent de la bête sacrée |
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Réalisation: Norifumi
Suzuki (Japon 1974) Autres titres: Sei Ju Gakuen (Japon), School of the Holy Beast (USA) Acteurs: Yumi Takigawa, Emiko Yamauchi, Yayoi Watanabe, Ryouko Ima, Fumio Watanabe Genre: Dramatique (film d'avant garde) |
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Synopsis
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De nombreuses nonnes peuplent le couvent. Maya est peu à peu intégrée dans le quotidien rythmé par les corvées de travail dans les champs, les repas austères au réfectoire, l’ambiance clinique du dortoir et les leçons de morale dispensées par la mère supérieure. Certaines religieuses ont une réelle vocation et se conforment aux règles de piété et chasteté. D’autres luttent par contre pour ne pas succomber aux péchés. On surprend des filles à voler de la nourriture au garde-manger, à s’adonner à la volupté de plaisirs lesbiens ou tout simplement à se rebeller contre l’autorité. Certaines nonnes réalisent la portée de leurs manquements et se remettent sur le droit chemin par l’auto flagellation. D’autres sont prises en flagrant délit par la supérieure et traînées vers la salle de punition. Chaque péché connaît son châtiment attitré et l’humiliation, les coups de fouet ainsi que les tortures inquisitoires sont à l’ordre du jour.
Maya est d’abord
soupçonnée de dénoncer ses consoeurs auprès de la mère supérieure,
mais trouve bientôt quelques alliées comme Sœur Ishida (Emiko
Yamauchi), une rebelle qui ne recule devant rien pour saper les
fondations de l’institution. Un petit groupe joue un tour à la mère
supérieure en faisant entrer deux hommes dans le couvent. Ces
derniers surprennent la mère dans son sommeil et alors qu’elle rêve
de plaisirs de chair, les deux hommes la prennent tour à tour,
donnant vie à ses fantasmes secrets. La perversion est omniprésente au couvent. Le révérant Kakinuma (Fumio Watanabe) qui vient faire des visites régulières, prêche l’obéissance et la piété, mais ne manque pas de se servir des charmes des jeunes filles. Maya ne perd pas de vue son objectif. Une nonne mourante lui apprend quelques détails sur le décès de sa mère alors qu’elle était enceinte voilà 18 ans. Bravant les interdits Maya fouille dans les archives, essayant d’élucider le reste du mystère et cherche à trouver qui est son père. Les fondements même du couvent sont ébranlés alors que les sombres détails du passé ressurgissent et la mère supérieure est remplacée par Nathalie (Ryouko Ima), une religieuse encore plus sadique lorsqu’il s’agit de rétablir l’ordre.
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| Commentaire
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Les personnages principaux sont de jeunes et jolies nonnes aux visages d’anges. La caméra fait de nombreux gros plans sur des visages innocents et sereins. Mais pour les scènes érotiques, les filles dénudent leurs charmes et laissent flotter leurs crinières au vent, ne laissant aucun doute sur leur avidité à s’adonner aux plaisirs charnels. « Le couvent » montre plusieurs scènes de torture pour lesquelles Suzuki a magnifié tout son art : elles sont à la fois cruelles (sadisme), hautement sensuelles et d’un esthétisme au plus haut niveau. L’ensemble des nonnes connaissant les règles, elles prennent tout de même le risque de les transgresser. Elle s’exposent aux punitions et participent aux châtiments des brebis égarées. Le spectateur est très habilement associé à ces jeux à la fois sadiques et masochistes. Deux scènes sont longuement développées dans le film. Dans l’une d’elle, Maya est destinée à être fouettée par toute l’assemblée. Elle est bondagée avec des ronces puis fouettée avec des bouquets de roses rouges. D’abord par une sœur, puis une autre, puis par toute l’assemblée. Les fleurs sont déchiquetées et les pétales voltigent dans la salle. Des milliers de pétales, rouges comme le sang qui perle du corps meurtri de la victime.
Pour un chrétien,
la nonne représente la piété, l’humilité, la quête de spiritualité.
Y associer érotisme et sadisme est en soi une provocation. « Le
couvent » va pourtant plus loin. Beaucoup plus loin. Au début du
film on nous assène des paroles pieuses comme « la novice doit
respect et obéissance » ou encore « la sainteté nécessite la
chasteté ». Mais Ishida, la sœur rebelle, incarne à elle seule la
dépravation en introduisant du whisky au couvent ou en militant en
faveur de relations sexuelles pour les sœurs en déclamant : « Si on
veut des enfants, il faut bien passer à la casserole un jour ». Dans la seconde partie du film apparaît le révérant Kakinuma, un personnage au regard sournois et à la longue barbe style Raspoutine. On nous le présente tout d’abord comme un obsédé qui s’en prend aux jeunes nonnes pour le plaisir. Puis vient un long monologue athéiste, dans lequel Kakinuma met en cause l’existence même de l’Etre suprême. Sur fond d’images de guerre retraçant les atrocités de la bombe nucléaire de Nagasaki, le révérant déclare d’une voix grave : « Dieu est-il jamais apparu aux Hommes qui pourtant se prosternent devant lui? ». Et il rajoute : « Même dans l’enfer d’Auschwitz, Dieu n’est pas venu à l’aide des Hommes qui souffraient! ». Cette scène n’est pas érotique et n’est pas directement liée à la trame du film. Elle est en quelque sorte la pierre philosophale du film, un symbole fort qui justifie la haine et le désir de vengeance du révérant et donne matière à réflexion au spectateur. Nagasaki est en fait un des berceaux historiques de la présence chrétienne au Japon et c’est justement elle qui a été anéantie par la guerre. « Le couvent » est un très grand film du point de vue artistique, une œuvre ambitieuse qui provoque la collision frontale entre le bien et le mal, le beau et la perversion, le plaisir et la douleur. Où serait-ce le plaisir dans la douleur? Un film indispensable pour les esthètes visuels et les fétichistes de nonnes. A éviter absolument pour les fervents croyants.
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NOTE
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EROTISME
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FETISH nonnes |
BDSM
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