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Synopsis
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La jeune
Gwendoline (Tawny Kittaen) et sa servante Beth (Zabou Breitman)
quittent le vieux continent comme passagères clandestines dans un
coffre et se retrouvent sur les docks d’un port chinois des années
40. Gwendoline s’est mis en tête de retrouver son père, disparu sans
laisser de traces au pays du Yik Yak alors qu’il était à la chasse
d’une espèce nouvelle de papillon.
Dans les rues
grouillantes du port, une multitude de commerçants vendent leurs
produits et leurs services. Gwendoline et Beth sont repérées par un
groupe de voyous qui les capturent afin de les revendre comme filles
de joie à un caïd local. Ce dernier reçoit également la visite du
mercenaire solitaire Willard (Brent Huff) qui cherche à récupérer de
force quelques deniers lui revenant. Au cours de la bagarre Willard
délivre les deux jeunes femmes. Gwendoline et sa compagne tentent
par la suite de l’enrôler et de monter une petite expédition pour
retrouver le père de Gwen.
Même si
Gwendoline semble à première vue être une jeune femme naïve et si
Willard feint d’être le macho totalement désintéressé, les deux
jeunes gens ne peuvent que s’éprendre. Après quelques essais
tumultueux, la petite expédition prend forme et s’enfonce dans les
méandres d’une forêt touffue et les régions désertiques du Yik Yak.
Le trio découvre tout d’abord le papillon mythique et se retrouve
aux portes d’une cité interdite dirigée par une reine cruelle et
voyeuse (Bernadette Lafont). La cité est exclusivement peuplée de
femmes, gardée par une armée d’amazones aux seins nus et vêtues de
costumes restrictifs. Le seul homme dans ce monde est le savant D’arcy
(Jean Rougerie), prisonnier malgré lui du système et responsable de
la création des tenues et des appareils de torture servant à punir
les sujets de la reine. Gwendoline et ses amis s’infiltrent dans ce
monde étrange et se font prendre par les sentinelles. Gwendoline et
Beth sont enchaînées alors que Willard est préparé à un rituel
d’amour qui le destine à procréer avec une des filles de la cité et
d’assurer la pérennité de la race. Gwendoline et Beth doivent
trouver un moyen de sauver la situation, car Willard court le risque
d’être tué par l’attitude de mante religieuse qui est de rigueur
chez les filles de la cité.
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| Commentaire
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Le film de Just
Jaeckin est basé sur les bandes dessinées de John Willie relatant
les périples de « Sweet
Gwendoline ».
Willie a été un des premiers dans les années 40 à consacrer son
œuvre ouvertement au bondage. A la même époque naissait également le
mythe de Betty Page, première star-modèle à poser régulièrement pour
des photos bondage et fetish.
Les bandes
dessinées de Willie sont d’un style très particulier. Au fond il
s’agit de petits épisodes disparates, sans réel scénario, dans
lesquels les personnages masculins brillent par leur quasi absence.
Le tout est autocentré sur le personnage de Gwendoline. Et quoi que
pense ou fasse la jeune femme, elle est invariablement destinée à
être dénudée, attachée, bondagée. Personne ne sait pourquoi
d’ailleurs. Toujours est-il que Willie a créé l’image de la « damsel
in distress », l’archétype de la pin up un peu naïve dont le destin
est d’être encordée.
Pour son film,
Just Jaeckin ne s’est que très librement inspiré des BD de Willie.
Il a en fait cherché à mettre au point un concept alliant film
d’aventure et comédie avec une pointe d’érotisme BDSM et fétichiste.
Le film emboîte le pas à d’autres productions très en vogue au début
des années 80, avec notamment des films comme « Quatermain », « A la
rencontre du diamant vert » ou « Indiana Jones ». Le rôle principal
revient à Tawny Kittaen, une actrice américaine jeune et jolie,
starlette éphémère dans de nombreux films de second plan et surtout
remarquée pour sa figuration sexy dans des vidéoclips du groupe
WHITESNAKE. Elle était d’ailleurs la femme du chanteur David
Coverdale pendant quelques années.
Just Jaeckin a
également inventé un personnage masculin, rôle revenant à Brent Huff,
un dressman et jeune acteur lui aussi très séduisant. Dès le début
du film il est donc évident que les deux anges évoluant dans un
monde de brutes devaient se rencontrer. Outre l’univers de Willie,
le film fait un clin d’œil à de nombreuses autres sources
d’inspiration. Le port et le quartier chinois font penser à
l’univers de HERGE dans « Tintin et Milou ». Le personnage de
Willard, solitaire un peu macho mais pas fondamentalement mauvais,
lorgne en direction de « Corto Maltese » et a même un petit côté « African
Queen » avec Humprey Bogart.
La première
moitié du film est en fait une comédie grand public, sympathique,
mais bien loin du génie de « Indiana Jones » par exemple. La seconde
partie du film dans la cité interdite est un projet ambitieux. On y
retrouve une armada de belles jeunes femmes très dénudées et vêtues
de costumes fantaisistes au look fétiche. Le tout dans le cadre
d’une cité mythique très design, avec une multitude de machines et
d’appareils de torture. A priori les ingrédients sont donc réunis
pour un grand fantasme. Le bât blesse néanmoins, car malgré les
nombreux personnages en petite tenue, la sensualité érotique est
pratiquement absente. Côté BDSM même constat : peu de bondage en
fait et absence totale de feeling. Les costumes et les ponygirls
sont très design, mais l’aspect « plastique moulé » un peu cheap
manque de réalisme. De nos jours on pourrait faire bien plus sensuel
avec des tenues en cuir, vinyle ou latex. Au final on retiendra
surtout le physique très agréable de Tawny Kittaen et le personnage
libidineux et haut en couleurs de la reine. Un film certes
ambitieux, mais quand même plus proche du navet que du chef d’œuvre.
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