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9 1/2 semaines

 
Irma Vep

 

Réalisation:  Olivier Assayas (France 1997)  

Acteurs:  Maggie Cheung, Jean-Pierre Léaud, Nathalie Richard 

Genre:  Comédie dramatique
 

 

Synopsis  ___________________________________________________________

Le metteur en scène René Vidal (Jean-Pierre Léaud) décide de tourner un remake du film muet Les Vampires de 1915. L’original, comme tous les films muets, ne peut compter sur la force des dialogues ou sur un scénario très travaillé pour intéresser le spectateur. Il vit grâce à la force des images, à la présence et la mimique des acteurs. Vidal ne pense pas trouver en France l’actrice capable de prendre le rôle de Musidora, qui incarnait Irma Vep en 1915. Il engage l’actrice Maggie Cheung de Hong Kong, dont la présence visuelle exotique et le travail dans des films d’action asiatiques sont de bonnes références.

Maggie débarque donc en France et se retrouve être la seule anglophone dans une petite équipe de tournage indépendante, qui manque de budget et doit improviser continuellement avec les moyens du bord pour faire avancer le projet. Pour permettre à Maggie de prendre son rôle, elle doit passer d’abord par une boutique fetish pour s’équiper d’un catsuit et d’une cagoule en latex, une seconde peau qui va désormais rythmer sa vie sur le tournage et donner un caractère moderne au personnage d’Irma Vep qu’elle incarne.

Elle est la star incontestée du film lorsqu'elle tourbillonne toute moulée de latex noir. Mais elle est aussi prise dans l'étau d'un groupe de collègues français qu'elle comprend à peine. Zoé la décoratrice un peu lesbienne (Nathalie Richard) deviendra l'amie de Maggie et l'aidera à passer un agréable séjour en France.

La genèse du film montre d’un côté les barrières linguistiques qui existent dans une équipe multinationale, la difficulté quotidienne du tournage avec l’antagonisme entre la vision initiale et le résultat sur la pellicule. D’un autre côté, on vit la naissance d’une œuvre cinématographique où tout repose sur la présence poétique de l’actrice principale. Peu à peu, Maggie est prise par le jeu, son personnage commence par interférer avec sa vie privée, elle prend un certain plaisir à porter son costume et se trouve soudain prise d’envie de voler des bijoux dans l’hôtel où elle réside. Le travail de Vidal se poursuit difficilement et celui-ci finit par avoir une dépression nerveuse car il ne parvient pas à fixer sur la pellicule sa vision cinématographique. La compagnie de production confie alors le projet à un autre cinéaste, qui essaye de terminer le film selon ses propres ambitions.


Commentaire  _______________________________________________________

L’originalité d’Irma Vep est le fait qu’il s’agit d’un film dans le film. On nous présente le travail d’une équipe de tournage autour de René Vidal, la vie sur le plateau, la fébrilité de l’équipe et les tensions humaines qui naissent, lorsque tout ne marche pas comme prévu. D’un autre côté, on nous présente le résultat de ce travail, soit des images qui vivent par le visuel à l’état pur.

Irma Vep retrace le tournage chaotique d'un film avec un certain activisme gratuit, parfois difficile à digérer. Le film a un côté dramatique, relatant les problèmes d'un réalisateur déchu. C'est aussi une vue satirique sur les dessous de l'industrie du cinéma. Une autre originalité vient du fait que le film est bilingue, Maggie parlant en anglais et le reste de l’équipe en français. On prend donc conscience à chaque instant de la barrière du langage mais aussi de la possibilité de se comprendre malgré tout autour d’un projet.

Les fans de fétichisme se délecteront du catsuit en latex moulant de Maggie Cheung, qui va si bien avec sa chevelure noire. L’objectif du film n’est toutefois pas de faire un film de fétichistes pour des fétichistes, mais de créer un personnage très voyant, une incarnation moderne du film de Feuillade de 1915. Cette allusion au cinéma muet est d’ailleurs très bien rendue, car les images où l’on voit Maggie se faufiler à pattes de velours dans un hôtel quasiment désert, sont montrées sans musique de fond. Juste un visuel dans le silence le plus complet. Peut-être la plus belle scène, est celle où Maggie monte la nuit sur les toits de Paris en catsuit pour déambuler sous une pluie battante.

Un film d’auteur avec de très belles images fetish, presque surnaturelles. Comme dans tous ses films, Assayas accorde beaucoup d’importance au visuel et à une certaine ambition artistique. Il n’est toutefois pas vraiment à l’aise pour peaufiner un scénario ou donner de la profondeur aux personnages.

 

NOTE

EROTISME

FETISH

BDSM