Killer Tongue

 

Réalisation:  Alberto Sciamma  (Espagne/GB 1996)   

Titre original: La lengua asesina

Acteurs:  Robert Englund, Melinda Clarke(=Mindy Clark), Jason Durr, Doug Bradley, Michael Cule   

Genre:  Comédie

 

Synopsis  ___________________________________________________________

Quatre personnes sont en cavale après un hold-up, mais Johnny (Jason Durr) et sa petite amie Candy (Mindy Clark) ne veulent pas partager le butin. Le couple se débarrasse alors des deux autres malfrats Chip et Frank en les laissant sur le bord de la route, au milieu de nulle part.

Johnny est rapidement coincé par la police et écope de 4 ans de prison. Dans la maison d’arrêt il retrouvera bientôt ses anciens acolytes. Candy réussit à se sauver avec l’argent et entre dans un couvent, afin de se faire oublier et attendre son petit ami. Johnny purge sa peine dans un établissement qui se révèle être une sorte de camp de redressement, sous la direction du sadique chief Screw (Robert Englund), lequel prend plaisir à humilier ses pensionnaires.

Quatre années plus tard, Johnny envoie un petit mot à sa chère Candy pour lui annoncer qu’il est sur le point d’être libéré. La fille s’empresse de quitter la tenue de nonne, s’entoure de ses quatre caniches pouponnés et prépare les retrouvailles en retapant une vielle masure abandonnée, qui devait autrefois être une maison close du nom de Porky (littéralement « la porcherie » !).

Peu après, une mystérieuse météorite tombe sur terre au milieu du désert et quelques fragments sont projetés à leur insu dans les gamelles de Candy et de ses chiens. Après l’absorption du repas, Candy se métamorphose en une espèce de vamp sexy, vêtue de latex noir et se retrouve affublée d’une langue de plusieurs mètres, très friande de viande fraîche. Les caniches se transforment en un groupe de drag queens dévouées à leur maîtresse et se rendront dorénavant utiles en kidnappant des victimes destinées à satisfaire l’appétit de Candy.

Candy est consciente d’être possédée par un Etre venu de l’au-delà, une langue qui a sa propre personnalité et se met à parler de propre chef. Elle tente de s’en défaire, de la couper, de la brûler au fer à repasser, de la détruire, mais rien n’y fait. Candy doit s’habituer à sa « compagne » et apprendre à vivre avec ses pulsions vampiriques.

Pendant ce temps, Johnny quitte la prison mais peine à rejoindre sa copine, car ses anciens acolytes lui collent aux trousses après avoir juré vengeance. En chemin, il croise également l’ancienne nonne muette Cindy, qui après avoir touché la météorite, est prise par un besoin pressant de rattraper d’urgence des années d’abstention sexuelle.

Au final, tous les personnages de la prison et du couvent sont déstabilisés peu à peu dans leur quotidien. Ils se croisent, s’entrecroisent et convergent peu à peu vers Candy et ses gardes du corps, retranchés au Porky.

Commentaire  _______________________________________________________

Difficile de décrire ce film qui est avant tout une comédie, mais fortement teinté de science fiction et d’horreur.

Côté comédie, le film aligne une pitrerie après l’autre : un groupe de nonnes pas toujours très sages qui tiennent une station essence au milieu d’une zone désertique, des caniches qui se métamorphosent en drag queens, une multitude de personnes qui comme par hasard se trouvent attirées par la météorite. Chip qui a normalement des problèmes de vessie paresseuse, retrouve soudain un jet abondant lorsqu’il urine sur la pierre rougeoyante. Cindy, la nonne coincée, se trouve brutalement illuminée et libérée de son aphasie et n’hésite pas à chausser petite tenue et cuissardes, avant de se jeter avidement sur Johnny qui passe par là. Et il y a bien sûr la langue cannibale surdimensionnée, qui donne son titre au film (littéralement « la langue assassine ») et qui est au centre de nombreuses scènes. La langue est en effet un Etre avec une propre identité et se heurte à la volonté divergente du corps qui l’héberge.

Tous les ingrédients sont réunis pour faire une comédie grotesque et haute en couleurs. Mais je trouve toutefois que les gags sont gros, très gros. Tellement monstrueux qu’ils en deviennent ringards. En fait je n’ai pas beaucoup ri. 

« Killer Tongue » a aussi un côté sci-fi/horreur, qui est bien évidemment grossi et caricaturé, afin de le faire harmoniser avec la tonalité de comédie. Mais là encore, les effets et artifices me semblent souvent tirés par les cheveux et pas vraiment passionnants.

Si le film peut retenir l’attention, c’est par la présence de Robert Englund en chef de prison débile et sadique. Englund est bien sûr connu pour son rôle de « Freddy » (Nightmare on Elm Street) et sa présence dans de nombreux autres films d’horreur. Il y a également la participation de Melinda Clarke, généralement plus connue sous le nom de Mindy Clark. Elle est également une habituée des productions gore. Dans « Killer Tongue » elle est au cœur du film et c’est bien sûr elle qui se bat et se débat avec sa langue. On appréciera la touche fétichiste du film pour le look de gothic girl sexy de Mindy Clark et son costume en latex noir, un croisement entre catsuit moulant et latex liquide.

« Killer Tongue » est un film espagnol et n’hésite pas à mettre à contribution le feeling « desperados du Nouveau Mexique » qui était une marque nationale pour les productions des années 70. Pour les acteurs, le metteur en scène a toutefois recruté essentiellement des anglais. C’est comme si on avait importé une bonne partie des habitués des films d’horreur pour leur permettre de se défouler pour changer dans le cadre d’une comédie. 

En pesant le pour et le contre de ce film, il ne reste pas trop de bon points. Le scénario est un peu trop surfait et le côté comique donne plutôt dans le débile. Un film dispensable, malgré les beaux yeux et la tenue -très réussie- de Mindy Clark !

PS : Il paraît qu’il y a des gens qui aiment ce film et le trouvent hautement divertissant. A chacun ses goûts et donc avis aux amateurs !

NOTE

EROTISME

FETISH

BDSM