| Commentaire
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Le metteur en
scène Banmei Takahashi est peu connu en Europe, mais il s’est fait
un nom au Japon où il a produit une bonne soixantaine de films. Il a
commencé dans le genre des « Pinku », c’est-à-dire des films
érotiques à faible budget tournés essentiellement pour le marché de
la vidéo au Japon. A partir des années 80, Takahashi a pu réunir des
sommes plus conséquentes et évolué vers les thrillers et les films
d’horreur.
Nightlife in
Tokyo se base sur le livre « Ai no shinsehai » de Ken Shimamoto,
un recueil de témoignages érotiques de 64 femmes, élucidant surtout
les dessous de l’univers porno japonais. Le livre a été illustré par
des photos de Nobuyoshi Araki. Ce dernier a également été mis à
contribution pour l’élaboration de Nightlife et il a fourni des
photos érotiques très stylées de l’actrice Sawa Suzuki, photos qui
parsèment le film entre différentes scènes.
Pour des raisons
commerciales Nightlife est souvent sous-titré Tokyo Décadence
2 dans les messages publicitaires. Il y a en effet quelques
similitudes avec le film de Ryu Murakami, puisque les deux ont pour
cadre le milieu de la prostitution. Les deux oeuvres ont toutefois
une tonalité radicalement différente. Dans Tokyo Décadence 1
l’héroïne du film Ai est une jeune femme désolément seule en quête
d’un sens à sa vie. Dans Nightlife point de mélancolie: le ton
général est positif et joyeux. Les deux prostituées aiment leur
activité, croquent la vie à pleines dents faisant la fête toutes les
nuits, mais travaillent déjà activement à des alternatives hors du
circuit porno. Elles préparent donc leur avenir.
Nightlife
affiche certes de nombreuses scènes érotiques, mais ces dernières
sont moins crues que dans Tokyo Décadence 1. On appréciera les
scènes de domination avec Maîtresse Rei qui ont été soigneusement
chorégraphiées dans un donjon futuriste, le tout avec des cadrages
et des jeux de lumière très étudiés. D’un point de vue fétichiste,
on pourra se délecter de quelques tenues sexy, essentiellement en
vinyle. A contrario il faut pourtant remarquer que les scènes
érotiques ont peut-être été travaillées un peu trop, ce qui les
prive d’une partie de leur sensualité.
Nightlife
nous offre également quelques surprises agréables. On peut noter
deux chapitres qui ont été tournés pour le seul plaisir des yeux. Le
premier nous montre Rei et Ayumi qui rentrent d’une virée nocturne
en décidant de faire le chemin du retour en courant. On les suit
filant dans les rues désertes d’une ville encore toute endormie. La
seconde scène nous les montre en nymphes en bord de mer se vautrant
dans l’écume des vagues. Une scène de nu ni fétichiste, ni SM, mais
qui attise quand même le plaisir voyeuriste du spectateur.
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