Nightlife in Tokyo   (dit Tokyo Decadence 2)

 

Réalisation:  Banmei Takahashi (Japon 1994)   

Autres titres: Ai no Shinsekai (Japon), A new love in Tokyo (USA)

Acteurs:  Sawa Suzuki, Reiko Kataoka, Aya Sugimoto  

Genre:  Dramatique, Erotique

 

Synopsis  ___________________________________________________________

Rei (Sawa Suzuki) travaille comme dominatrice dans un salon SM stylé. Vêtue de vinyle noir, elle accueille les clients avec le fouet à la main. Certains sont des esclaves volontaires qui viennent chercher leur dose d’humiliation. Rei s’occupe aussi d’un client travesti et d’un membre de Yakuza tatoué sur tout le corps, un dur à cuire qui devient docile comme un agneau lorsque la Maîtresse déballe la cire et les aiguilles. 

Ayumi (Reiko Kataoka) est une jeune fille réservée à première vue, mais travaillant comme prostituée pour l’agence « Dream Service ». Cette dernière l’envoie dans des hôtels à la rencontre de clients fortunés avides de ses charmes juvéniles. 

Un jour les deux femmes se rencontrent en rentrant du « travail » et vont dorénavant sortir ensemble en écumant les bars et les boites de nuit entre deux clients. Une petite bière par ci, un petit flirt par là, Rei et Ayumi respirent la joie de vivre et baignent dans l’insouciance de leur jeunesse. Au petit matin les filles ressurgissent des quartiers chauds et se rendent à la gare où les rames de métro les ramènent dans leur banlieue calme. Alors que le flot des travailleurs se dirige en direction du centre-ville, les deux prostituées nagent à contre-courant. 

Le travail de prostituées plaît aux deux femmes, qui y voient une soupape pour libérer une partie de leurs pulsions érotiques. Un travail de surcroît bien payé. Mais les deux femmes ont gardé un pied sur terre. Rei est également membre d’une troupe de théâtre et travaille avec sérieux ses répliques. Ayumi rêve de se marier et joue la petite amie modèle pour son copain. Pas toujours le même d’ailleurs, mais peu importe. Tous sont de jeunes étudiants brillants, promis à un bel avenir. 

La prostitution comporte certes quelques risques. Ayumi se retrouve aux mains d’un client douteux qui prend un malin plaisir à jouer avec un couteau. Rei se trouve elle confrontée à un client incrédule qui se croît suffisamment macho pour braver sa force psychologique de domina. Mais au-delà du travail et des nuits passées à faire la fête, Rei et Ayumi savent ce qu’elles veulent et tirent le meilleur de leur vie.

Commentaire  _______________________________________________________

Le metteur en scène Banmei Takahashi est peu connu en Europe, mais il s’est fait un nom au Japon où il a produit une bonne soixantaine de films. Il a commencé dans le genre des « Pinku », c’est-à-dire des films érotiques à faible budget tournés essentiellement pour le marché de la vidéo au Japon. A partir des années 80, Takahashi a pu réunir des sommes plus conséquentes et évolué vers les thrillers et les films d’horreur. 

« Nightlife in Tokyo » se base sur le livre « Ai no shinsehai » de Ken Shimamoto, un recueil de témoignages érotiques de 64 femmes, élucidant surtout les dessous de l’univers porno japonais. Le livre a été illustré par des photos de Nobuyoshi Araki. Ce dernier a également été mis à contribution pour l’élaboration de « Nightlife » et il a fourni des photos érotiques très stylées de l’actrice Sawa Suzuki, photos qui parsèment le film entre différentes scènes. 

Pour des raisons commerciales « Nightlife » est souvent sous-titré « Tokyo Décadence 2 » dans les messages publicitaires. Il y a en effet quelques similitudes avec le film de Ryu Murakami, puisque les deux ont pour cadre le milieu de la prostitution. Les deux oeuvres ont toutefois une tonalité radicalement différente. Dans « Tokyo Décadence 1 » l’héroïne du film Ai est une jeune femme désolément seule en quête d’un sens à sa vie. Dans « Nightlife » point de mélancolie: le ton général est positif et joyeux. Les deux prostituées aiment leur activité, croquent la vie à pleines dents faisant la fête toutes les nuits, mais travaillent déjà activement à des alternatives hors du circuit porno. Elles préparent donc leur avenir. 

« Nightlife » affiche certes de nombreuses scènes érotiques, mais ces dernières sont moins crues que dans « Tokyo Décadence 1 ». On appréciera les scènes de domination avec Maîtresse Rei qui ont été soigneusement chorégraphiées dans un donjon futuriste, le tout avec des cadrages et des jeux de lumière très étudiés. D’un point de vue fétichiste, on pourra se délecter de quelques tenues sexy, essentiellement en vinyle. A contrario il faut pourtant remarquer que les scènes érotiques ont peut-être été travaillées un peu trop, ce qui les prive d’une partie de leur sensualité. 

« Nightlife » nous offre également quelques surprises agréables. On peut noter deux chapitres qui ont été tournés pour le seul plaisir des yeux. Le premier nous montre Rei et Ayumi qui rentrent d’une virée nocturne en décidant de faire le chemin du retour en courant. On les suit filant dans les rues désertes d’une ville encore toute endormie. La seconde scène nous les montre en nymphes en bord de mer se vautrant dans l’écume des vagues. Une scène de nu ni fétichiste, ni SM, mais qui attise quand même le plaisir voyeuriste du spectateur.

 

NOTE

EROTISME

FETISH

BDSM