Personal Services

 

Réalisation:    Terry Jones (GB 1986)

Acteurs:  Julie Walters, Alec McGowen, Shirley Stelfox, Danny Schiller

Genre:  Comédie

 
Synopsis  ___________________________________________________________

Quelque part dans une ville anglaise: un quartier pauvre, des maisons décrépies, une ambiance de banlieue miséreuse. Christine Parker (Julie Walters) est serveuse dans un restaurant et peine à joindre les deux bouts. Pour faire un peu plus d’argent, elle loue quelques chambres crasseuses qu’elle reloue à des prostituées. Ces dernières peinent toutefois à vendre leurs charmes fanés aux clients et prennent du retard dans le paiement du loyer. Christine se retrouve donc également sous pression lorsque le bailleur vient réclamer son dû. Acculée contre le mur, elle finit par coucher avec M.Poposopoulos, réglant sa dette en nature. Christine est en fait une femme simple, droite et travailleuse, mais enlisée dans un cercle vicieux de misère qu’elle ne parvient pas à fuir. Elle est certes courtisée par le riche Sidney qui vient régulièrement lui faire des avances au restaurant, mais Christine reste suffisamment fière pour ne pas se laisser entraîner dans une relation qu’elle ne souhaite pas vraiment.

Christine n’a pas d’expérience comme fille de joie, mais après avoir essayé une première fois, elle décide de tenter sa chance. Elle est encouragée par Dolly (Danny Schiller), un ami transsexuel qui vit au quotidien son fantasme de soubrette et va s’occuper des affaires pendant que madame reçoit. Les débuts sont difficiles mais Christine apprend rapidement et la demande ne manque pas. Elle quitte son emploi au restaurant et se concentre sur ses nouvelles activités. La petite entreprise prend alors de l’ampleur et Christine voit plus grand en engageant d’autres prostituées pour l’épauler. Tout n’est pas au beau fixe pour autant, car Christine est rattrapée par la réalité. Suite à une descente de police, elle ne passe pas loin d’une condamnation pour délit de racolage. Elle retrouve également son père et sa sœur à l’occasion d’un mariage et les tensions familiales existantes ne s’améliorent pas lorsque la petite famille est mise au parfum quant au nouveau gagne-pain de Christine.

Le business devient peu à peu florissant et Christine ouvre une maison close plus grande et plus conviviale qui devient peu à peu le pôle d’attraction de tout le quartier. Que les clients soient médecin, avocat ou simples ouvriers, chacun y trouve un « service personnel » à la hauteur de ses pulsions et de sa bourse. Christine et son amie Shirley (Shirley Stelfox) réalisent tous les fantasmes des clients en passant de la maîtresse d’école à la dominatrice ou à l’écolière. Certains clients veulent se faire fouetter ou emballer dans une combinaison de latex, alors que d’autres en restent aux désirs plus classiques. La maison s’adapte et propose même des soirées spéciales « retraités ». Une nouvelle descente de police menace de clore définitivement l’affaire, mais le pire est évité grâce au soutien des clients réguliers.

 

Commentaire  _______________________________________________________

En France le film est arrivé sur les grands écrans avec le slogan publicitaire « Le sexe vu par un ex-Monty Python ». Afin de mettre les pendules à l’heure, disons tout d’abord que « Personal Services » n’est pas un film érotique visant à faire trémousser le spectateur. Il s’agit d’une comédie et venant d’un ancien membre de la redoutable troupe des Monty Python, on retrouve un cocktail de sarcasme, de gags et d’humour noir auquel on pouvait s’attendre. Je suis un très grand fan de films comme « Jabberwocky », « La vie de Brian » ou « Sacré Graal » dont j’apprécie les salves de comique grinçantes qui ne semblent connaître aucune limite. En solo Terry Jones reste fidèle à sa griffe, mais « Personal Services » est un peu comme un Monty Python tourné avec le frein à main enclenché. Des idées, des gags, mais moins exubérant qu’auparavant. 

« Personal Services » s’inspire d’une histoire vraie. Il se base librement sur le livre « An english madam » de Paul Bailey qui raconte la vie de Cynthia Payne, une tenancière de maison close anglaise, dont les problèmes avec la justice ont défrayé la chronique de son pays il y a 20 ans. Le film de Terry Jones ne retrace cependant pas la vraie vie de Cynthia Payne (même si celle-ci a été invitée comme consultante), il ne fait qu’en emprunter quelques éléments pour les imbriquer dans une étude de cas sur une société anglaise à deux visages. Une double moralité qui est d’ailleurs transposable à la plupart des pays.  

Comme dit plus haut, on peut être déçu à première vue par le film, car la composante érotique est limitée. Pas de glamour, pas de scènes torrides, pas de modèles aux formes pulpeuses. En fait les prostituées et leurs clients sont des personnages moyens tirés de la vie quotidienne, avec leurs défauts physiques mais aussi leurs fantasmes bien réels.

Au second degré, le film offre de nombreux gags. Au début de sa carrière Christine quitte le métier de serveuse pour se placer sur un créneau plus porteur et constate avec sérénité que « le futur se trouve dans la perversion des gens ».  Les clients voient également leur visite comme un acte banal, la nécessité toute simple de satisfaire des besoins. Un des clients tombe le pantalon en déclarant : « voici un morceau de marqueterie nécessitant une sérieuse remise en état ».  Dans le film on rencontre des gags évidents comme le client qui se fait enfermer en combinaison de latex intégrale dans un placard pour une heure. Et qu’on oublie de délivrer. Mais il y a aussi des gags plus fins, qui cherchent à taquiner les moralistes de toutes sortes. Ainsi, la procédure pénale visant à stopper les agissements de Christine tombe dans les oubliettes, car le procureur n’est autre qu’un client régulier de l’établissement. Clin d’œil. 

En résumé « Personal Services » est une comédie anglaise truffée d’humour noir, avec une Julie Walters qui excelle dans son premier rôle. Mais je n’accroche pas trop quand même. Comparé à certains films des Monty Python tout simplement époustouflants par leur irrévérence et leur comique monstrueux, « Personal Services » est une version diluée. Côté fétiche, le film ne va pas trop loin non plus : quelques tenues vinyle et latex et l’évocation de scènes de domination, mais sans entrer dans les détails.
 

NOTE

EROTISME

FETISH

BDSM