Commentaire
_______________________________________________________
Le film de Monika Treut et Elfi Mikesch place la
femme dominante au cœur de l'histoire et affiche ouvertement un
côté féministe. Ce militantisme se retrouve d'ailleurs dans d'autres
films des deux réalisatrices. Séduction femme cruelle est très loin de toute
réalité. Il s'agit d'un film d'avant-garde, dans lequel l'esthétique
et le montage visuel occupent une place prépondérante.
Le tout me fait penser quelque peu à la vague
italienne des années 70 (Fellini, Pasolini) et bien sûr à d'autres
metteurs en scène underground allemands (Fassbinder, Praunheim).

Le
film est difficile d'accès, les prises de vue ont souvent été faites
de biais et l'ensemble est comme un puzzle qui exige du spectateur
une certaine créativité pour le reconstituer. Comme souvent dans les
films d'avant-garde, l'œuvre est truffée d'allusions: le prénom Wanda lorgne du côté de Leopold von Sacher-Masoch et Justine est un
clin d'œil à un roman du marquis de Sade.
Séduction femme cruelle est toujours présenté en V.O. allemande
(avec des sous-titres français ou anglais). Cela freine bien sûr sa
diffusion hors d'Allemagne. Mais cela se justifie, car la voix de Mechthild Grossmann est un élément clef du film. Elle parle
lentement, d'une voix grave et rauque, et avec son expression
physique hautaine, elle incarne à perfection la dominatrice, l'idole
inaccessible.
Un film sombre, obsédant et d'une fascination
étrange. Recommandable uniquement pour ceux qui ont des affinités
avec le cinéma d'art et d'essai.
|