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9 1/2 semaines

 
Séduction: femme cruelle

 

Réalisation:   Monika Treut & Elfi Mikesch  (Allemagne 1985)

Titre original:  Verführung: die grausame Frau

Acteurs:  Mechthild Grossmann, Udo Kier, Sarah McLaghlan

Genre:   Dramatique (film d'avant-garde)
 


Synopsis  ___________________________________________________________

Wanda (Mechthild Grossmann) est une mystérieuse domina qui collectionne les soumis et les soumises et tire son plaisir de la dépendance psychologique de ces personnes envers elle.
Gregor (Udo Kier) est amoureux de Wanda, mais elle ne partage pas ses sentiments et songe uniquement à jouer avec lui. Juliette (Sarah McLaghlan) est une jeune américaine presque innocente, qui peine tout d'abord à accepter les caprices de sa maîtresse, mais comprend peu à peu les mécanismes de la séduction.

Wanda ne se contente pas de jeux érotiques en privé, mais propose aussi des performances publiques dans un hangar de Hambourg; spectacles payants qui visent à sublimer le SM sous une forme artistique. Le journaliste Märsch aborde Wanda afin de recueillir ses idées pour en faire un article sur la domination. Mais rapidement il oublie ses intentions premières et succombe à l'emprise dominante de Wanda.

Au cours des mois, certains acteurs de ce petit monde prennent conscience qu'ils ne sont que des marionnettes dans le jeu de séduction de Wanda et tentent de se rebeller.

 


Commentaire  _______________________________________________________

Le film de Monika Treut et Elfi Mikesch place la femme dominante au cœur de l'histoire et affiche ouvertement un côté féministe. Ce militantisme se retrouve d'ailleurs dans d'autres films des deux réalisatrices. Séduction femme cruelle est très loin de toute réalité. Il s'agit d'un film d'avant-garde, dans lequel l'esthétique et le montage visuel occupent une place prépondérante.

Le tout me fait penser quelque peu à la vague italienne des années 70 (Fellini, Pasolini) et bien sûr à d'autres metteurs en scène underground allemands (Fassbinder, Praunheim).

Le film est difficile d'accès, les prises de vue ont souvent été faites de biais et l'ensemble est comme un puzzle qui exige du spectateur une certaine créativité pour le reconstituer. Comme souvent dans les films d'avant-garde, l'œuvre est truffée d'allusions: le prénom Wanda lorgne du côté de Leopold von Sacher-Masoch et Justine est un clin d'œil à un roman du marquis de Sade.

Séduction femme cruelle est toujours présenté en V.O. allemande (avec des sous-titres français ou anglais). Cela freine bien sûr sa diffusion hors d'Allemagne. Mais cela se justifie, car la voix de Mechthild Grossmann est un élément clef du film. Elle parle lentement, d'une voix grave et rauque, et avec son expression physique hautaine, elle incarne à perfection la dominatrice, l'idole inaccessible.

Un film sombre, obsédant et d'une fascination étrange. Recommandable uniquement pour ceux qui ont des affinités avec le cinéma d'art et d'essai.
 

NOTE

EROTISME

FETISH

BDSM